Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, et considérée comme proche d’Emmanuel Macron, devait se rendre en Israël ce dimanche. Elle avait demandé à rencontrer de hauts responsables du Conseil national de sécurité et du ministère de la Défense.

Compte tenu du contexte et du refus de la France d’autoriser le survol de son territoire par un avion transportant des armes, Israël a décidé d’annuler cette visite.

LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment réagissez-vous à l’ouverture d’un second front au Liban et à l’expansion de la guerre ?

ALICE RUFO — Le Hezbollah a commis une trahison envers le Liban en l’entraînant dans la guerre. C’est un suicide. Israël a tort d’ouvrir un deuxième front dans la région. Je suis très préoccupée par une offensive terrestre majeure. Les bombardements sur Beyrouth sont inacceptables, tout comme le sont la destruction des villages et les déplacements de populations. Je dis aussi ma solidarité au contingent ghanéen de la Finul qui a été touché vendredi. Il n’est pas tolérable de s’en prendre aux opérations de maintien de la paix.

Le président Macron a évoqué un plan pour empêcher cette guerre. Israël ne l’écoute manifestement pas ?

Il est possible qu’au sein du pouvoir israélien il y ait une volonté de régler le sujet libanais à la faveur de la guerre en Iran. C’est une faute. Nous leur avons fait passer ce message par tous les canaux possibles et il faut qu’une pression plus forte soit exercée pour qu’ils entendent. En parallèle, nous allons accélérer un soutien robuste et exigeant aux forces armées libanaises, qui doivent reprendre le contrôle de tout le pays. Cela enlèvera tout prétexte d’une occupation du Liban-Sud par Israël. En exigeant le désarmement du Hezbollah, les autorités libanaises font d’ailleurs preuve d’un grand courage. Elles doivent continuer en ce sens et apporter la preuve que le Hezbollah ne menacera plus Israël.

BIO EXPRESS.

Alice Rufo est née le 9 avril 1980 à Toulon (Var). Ancienne élève de l’École normale supérieure de la rue d’UIm (où elle est entrée en 2001) et de I’École Nationale d’administration (promotion d’Emile Zola, 2010), elle est diplômée de I’Institut d’études politiques de Paris (2004) et de I’université Paris 1 – Panthéon Sorbonne.

Elle débute sa carrière au sein de la direction Afrique du Nord – Moyen-Orient du ministère des Affaires étrangères, avant de rejoindre le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) en 2011 en tant que rapporteur sur la mission d’actualisation du Livre blanc sur la sécurité et la défense nationale. Durant cette période (2010-2011), elle est également maître de conférences en droit public et en culture générale à Sciences Po Paris.

Après un retour à la Direction des affaires stratégiques du ministère des Affaires étrangères, elle rejoint, en 2012, la Présidence de la République en qualité de Conseillère technique pour les affaires stratégiques et l’Asie-Pacifique, avant de devenir Conseillère chargée des sommets internationaux, des Amériques et de l’Asie-Pacifique.

Nommée Conseillère référendaire à la Cour des comptes, elle est rappelée au pôle diplomatique de I’Elysée en 2017. D’abord conseillère Asie, Russie, Turquie, Caucase, Balkans, Réfugiés, elle est nommée Conseillère diplomatique adjointe en 2019 et intègre dans son portefeuille les affaires stratégiques et le désarmement en 2020.

Le 5 octobre 2022, elle est nommée en Conseil des ministres directrice générale des relations internationales et de la stratégie du ministère des Armées à compter du 1ernovembre 2022.

Le 12 octobre 2025, sur proposition du Premier ministre, elle est nommée par le président de la République ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants.

Madame Alice Rufo est chevalier de l’ordre national du Mérite (2023).

Partager :