COOPERATION MILITAIRE ET SECURITAIRE FRANCE-ISRAËL. Dès la création d’Israël, la France et ses entreprises ont aidé ce nouvel État à équiper son armée et à développer son industrie d’armement.
Outre différents types de chars et de missiles livrés par la France, l’entreprise Dassault Aviation a fourni à Israël différents modèles d’avions de combat (Mystère IV, Mirage III, Mirage 5…).
Ainsi, de 1948 à 1969, la France est devenue le principal fournisseur d’armement de l’État d’Israël.
Le 2 juin 1967, face à l’imminence de la guerre des Six Jours, le général De Gaulle prononce un embargo. Si l’embargo bloque la livraison de 50 chasseurs bombardiers Mirage 5 produits par Dassault qui avaient été commandés par Israël en 1966, il n’interdit pas strictement aux entreprises françaises l’envoi de pièces détachées et de rechange prévu par des contrats antérieurs.
De fait, une copie exacte du Mirage 5 est construite par Israël au tout début des années 1970 : l’IAI Nesher.
Il est généralement admis que sa fabrication a eu lieu avec le soutien de Dassault. D’autres contrats signés avant l’embargo ont continué à être honorés, et des transferts de technologies ont été opérés, avec notamment la construction en Israël d’usines de moteurs d’avions.
La France est devenue le deuxième exportateur mondial d’armes. Le secteur de l’armement est florissant, et les commandes à l’exportation ont atteint un pic historique.
Depuis le 7 octobre 2023, les entreprises d’armement ont vu leurs cours en bourse monter en flèche, profitant de la hausse du risque géopolitique.
L’embargo sur les ventes d’armes à Israël a pris fin en 1974, mais les volumes de ventes n’ont jamais atteint depuis l’importance qu’ils avaient dans les années 50 et 60.
Pour l’industrie française de l’armement, Israël n’est qu’un petit client, si l’on regarde simplement les chiffres des ventes directes de matériel strictement militaire : depuis 2014, ce sont en moyenne 20 millions d’euros d’armes qui sont vendues chaque année.
Le Rapport au Parlement sur les exportations d’armement de la France, publié chaque année, indique les montants annuels globaux des livraisons et des prises de commandes par pays, ainsi que le nombre et le montant des licences accordées par catégories générales d’armement.
L’État français joue en effet un rôle incontournable dans ces ventes : c’est lui qui les autorise en octroyant des licences demandées au cas par cas par les industriels avant de conclure un contrat avec leurs clients étrangers.
Malgré ce contrôle, le rapport au Parlement n’indique pas précisément quel matériel a été vendu, par quelles entreprises et pour quel montant exact.
La plupart des entreprises d’armement françaises développent de nombreux partenariats avec Israël et ses entreprises d’armement. Certaines ventes et coopérations se font également par le biais de filiales d’entreprises françaises et européennes implantées dans d’autres pays (Italie, Angleterre, Allemagne…).
Ces filiales appartiennent bien à des groupes français, mais les armes qu’elles vendent ne sont pas, au sens propre, exportées par la France.
De nombreuses entreprises françaises vendent du matériel à « double usage » : des produits présentés comme ayant un usage civil, mais qui peuvent et sont aussi utilisés de façon militaire.
Depuis 2022, un Rapport sur les exportations des biens à double usage de la France est lui aussi publié chaque année. En 2021, le total des licences d’exportations accordées vers Israël représentait 159 millions d’euros. En 2022, il était descendu à 34 millions.
Là aussi, les licences sont réparties en différentes catégories (capteurs et lasers, électronique, télécommunications…), mais le rapport n’indique pas les ventes réelles auxquelles ces licences ont donné lieu.
Difficile alors d’estimer ce que représente réellement ce marché, et impossible de savoir quel pourcentage de ce matériel sera utilisé dans le secteur de l’armement…
Les coopérations militaires et policières France-Israël, avec des échanges de formations, des entraînements et manœuvres en commun, le renseignement, le partage d’informations et de technologies à des fins militaires et sécuritaires sont secret d’Etat.
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