Les tensions au Moyen-Orient ravivent une crainte familière, celle d’un choc énergétique relançant l’inflation et oblitérant le pouvoir d’achat. Mais à la différence des épisodes passés, l’enjeu n’est pas seulement l’ampleur du choc mais l’incertitude radicale qui entoure ses effets. Car plusieurs trajectoires inflationnistes sont possibles.

Dans ses prévisions macroéconomiques récentes, la Banque centrale européenne propose un ensemble de « scénarios » possibles.

Le choc énergétique pourrait rester temporaire. Dans ce cas, les prix de l’énergie augmentent rapidement, puis se stabilisent. L’inflation s’élève, mais de façon transitoire. La politique monétaire peut donc se permettre de « regarder à travers » la hausse des prix, en gros ne rien faire dans l’immédiat.

LE PLUS. SELON LE MONDE.

« Le conflit au Moyen-Orient fait craindre un nouveau tsunami inflationniste dans les rayons des supermarchés. Depuis l’attaque de l’Iran par Israël et les Etats-Unis, le 28 février, et le quasi-blocage du détroit d’Ormuz, le prix du pétrole et celui du gaz ont flambé de près de 40 à 50 %. Des hausses déjà répercutées à la pompe, pénalisant les automobilistes, les transporteurs routiers, mais aussi les agriculteurs qui mettent du gasoil non routier dans le réservoir de leur tracteur ».

« Surtout, ce choc énergétique va ensuite se diffuser à l’ensemble des chaînes de valeur en renchérissant le coût des engrais, celui des emballages, et la facture énergétique des entreprises. Les produits fertilisants sont également sous pression car leur acheminement est très dépendant du détroit d’Ormuz. Un tiers du commerce mondial des engrais passe par cette route maritime. Son blocage entraîne déjà une hausse des tarifs des engrais azotés de 20 à 30 %. Si les céréaliers français ont déjà fait leurs achats de produits fertilisants pour la récolte 2026, les craintes sont réelles pour 2027 ».

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