Comment le conflit au Moyen-Orient pourrait (encore plus) faire flamber les prix des puces et bouleverser l’industrie des semi-conducteurs.

L’industrie des semi-conducteurs craint des perturbations d’approvisionnement et une flambée des prix des puces à cause du conflit au Moyen-Orient.
L’industrie des semi-conducteurs craint des perturbations d’approvisionnement et une flambée des prix des puces en raison du conflit au Moyen-Orient. La Corée du Sud, notamment, reste très dépendante de l’approvisionnement en matériaux critiques comme l’hélium en provenance de la région, dont une pénurie pourrait directement perturber la production.
Après le pétrole, le gaz, les engrais ou encore le polyéthylène, la guerre au Moyen-Orient pourrait provoquer la flambée d’un autre élément-clé de l’économie, un élément au coeur de la technologie mondiale. Le conflit déclenché samedi 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran déstabilise déjà la région et les routes d’acheminement du brut, poussant de nombreux experts à anticiper une hausse rapide des prix de l’or noir dans les jours à venir.
Mais les perturbations ne se limitent pas aux hydrocarbures: l’arrêt de navires dans le Golfe et la paralysie du détroit d’Ormuz bouleversent aussi d’autres filières stratégiques. En Corée du Sud, à des milliers de kilomètres du conflit, l’industrie des semi-conducteurs s’inquiète des répercussions d’une crise iranienne prolongée sur l’approvisionnement en matériaux clés et sur le coût de l’énergie, ce qui pourrait faire grimper le prix des puces.

La Corée du Sud inquiète, la Chine pas forcément plus sereine
Pour rappel, l’industrie sud-coréenne des semi-conducteurs domine le marché mondial des puces mémoire, fournissant près des deux tiers des DRAM et NAND. La DRAM est une mémoire vive rapide et temporaire utilisée par les ordinateurs pour exécuter des programmes, tandis que la NAND est une mémoire de stockage permanente utilisée dans les SSD, clés USB et smartphones. Les entreprises Samsung Electronics et SK Hynix contrôlent ensemble 60 à 70% de la production de DRAM, dont la majorité des puces HBM utilisées pour l’IA, et un peu plus de 50 % des NAND flash en 2025-2026, selon TrendForce. Cette position stratégique rend la Corée du Sud très dépendante de l’approvisionnement en matériaux critiques. La demande pour les infrastructures qui portent l’IA a encore renforcé ce rôle: les exportations de mémoire ont bondi de 50 à 60% en 2025, un avantage que ne partagent pas les concurrents taïwanais ou américains, davantage centrés sur les « puces logiques », à savoir les types de semi-conducteur conçu pour traiter des informations et exécuter des calculs, contrairement aux mémoires comme la DRAM ou la NAND qui stockent des données
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