Le Tourisme international dans la tourmente après les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Par |2026-03-14T07:57:17+01:0014 Mar 2026|Catégories : TOURISME|

Tourisme : chutes des voyages vers le Moyen-Orient, vols détournés… Comment la guerre en Iran a déjà des conséquences sur les vacances d’été

Après les frappes conjointes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, les premières répercussions ont déjà commencé à se faire sentir dans le secteur du tourisme. Alors que de nombreux voyageurs avaient entamé leurs réservations pour les vacances d’été, les tensions au Moyen-Orient ont suscité des inquiétudes susceptibles de dépasser largement cette seule région du globe.

Un conflit dont les effets ne se limitent pas au terrain militaire. Dans le secteur du tourisme, les premières conséquences de la guerre en Iran sont apparues au moment même où de nombreux vacanciers préparaient activement leurs séjours estivaux. Au-delà des perturbations actuelles, une question s’impose déjà pour de nombreux voyageurs : pourra-t-on vraiment partir cet été ? Où aller ? Quelles destinations risquent de devenir difficiles d’accès, voire inaccessibles ? Peut-on encore réserver sans risque ?

Depuis les premières frappes, plusieurs espaces aériens au Moyen-Orient ont été fermés ou fortement restreints. Résultat : des vols ont été annulés, d’autres détournés, et certains trajets se sont allongés de plusieurs heures. Dans ce contexte incertain, les prochaines semaines devraient dire si ces perturbations resteront temporaires… ou si elles finiront par peser durablement sur la saison touristique.

Des destinations conditionnées par le conflit

Dans les agences de voyage et chez les acteurs du secteur, les premiers changements se sont fait sentir très rapidement quant aux destinations choisies. Selon Rémi Aubin, directeur chez LunaGroup Charter et affréteur d’avions, la situation a poussé de nombreux vacanciers à revoir leurs projets.

«De grosses destinations privilégiées par les Français comme les Seychelles et les Maldives ne sont plus accessibles. Ces destinations très prisées ne sont pas desservies par Air France et dépendent des hubs du Golfe. Des choix différents ont dû être effectués, notamment vers les pays du sud de l’Europe, comme la Grèce», a-t-il déclaré à CNEWS.

Il a également précisé que «les pays du Maghreb ont évidemment été impactés, mais l’Asie, toujours dépendante de ces hubs, a aussi été fortement touchée. Le tourisme aux États-Unis profite quant à lui des tensions au Moyen-Orient».

Des compagnies aériennes fortement impactées

Du côté des compagnies aériennes, les premières conséquences se sont également fait sentir. Chez Transavia, le PDG Olivier Mazzucchelli a assuré que la guerre au Moyen-Orient «a beaucoup impacté» l’activité de l’entreprise. Cette dernière desservait notamment Israël, le Liban, ainsi que Djeddah et Médine en Arabie saoudite, des zones situées au cœur des tensions.

De plus, certaines opérations ont déjà été suspendues. Qatar Airways a par exemple interrompu une partie de ses vols après la fermeture de l’espace aérien qatari. La compagnie a évoqué une reprise progressive lorsque les «conditions de sécurité le permettront.»

Mais l’impact ne s’est pas limité aux pays directement concernés par le conflit. Les réservations ont également commencé à ralentir dans certaines destinations voisines, comme l’Égypte, Chypre ou encore la Turquie.

Autre sujet d’inquiétude pour le secteur : la hausse du prix du pétrole. Le carburant représente près d’un quart des coûts d’une compagnie aérienne. Si les cours devaient rester élevés, cette hausse pourrait finir par se répercuter sur le prix des billets.

«Un problème plus technique que politique»

Malgré une situation qui pourrait sembler préoccupante pour les agences de tourisme, certains acteurs du secteur se sont montrés relativement optimistes pour la saison estivale.

Laurent Abitbol, président du directoire de Selectour, s’est ainsi voulu rassurant concernant les départs de cet été : «Si la guerre s’arrête demain, dans un mois tout est oublié. Le seul souci, c’est que les longs courriers transitent par le Moyen-Orient, donc oui, il y a une baisse dans ces types de vol. Mais il n’y a aucun problème pour les autres trajets vers l’Afrique, par exemple. C’est un problème plus technique que politique.»

Il a également tenu à prendre du recul sur l’ampleur de la situation : «Il faut relativiser, il n’y a qu’une baisse de 20 % sur le tourisme vacances, la Covid c’était 100 %.»

Quelles solutions pour les voyageurs ?

Avec les perturbations du trafic aérien, certains voyageurs ont déjà été confrontés à des annulations ou à des reports de vols. Dans ce type de situation, les droits des passagers restent encadrés par le règlement européen CE261, qui prévoit notamment des possibilités de remboursement ou de réacheminement.

En tout cas cet été «s’il y a des réservations annulées, tout est remboursé. Et cela ne devrait concerner que les personnes qui se rendent en Asie. L’été, les voyageurs se dirigent plutôt vers l’Amérique du Sud», selon Laurent Abitbol interrogé par CNEWS.

Cette déclaration concerne toutefois principalement les réservations effectuées par l’intermédiaire d’agences de voyage. Selon lui, ces dernières ont l’obligation de procéder à un remboursement intégral des billets d’avion lorsque la réservation a été réalisée via leurs services.

Une précision qui invite néanmoins à la prudence. Les voyageurs ayant réservé directement auprès d’une compagnie aérienne peuvent se retrouver dans des situations différentes selon les politiques commerciales appliquées.

Ces possibles annulations rappellent par ailleurs un précédent encore récent : celui de la pandémie de Covid-19. À l’époque, plusieurs compagnies aériennes avaient eu recours à ce que l’on appelle la stratégie de «l’avoir» : conserver l’argent des billets pendant plusieurs mois, parfois jusqu’à dix-huit, avant de procéder au remboursement. Une pratique qui avait néanmoins permis à certaines compagnies de subsister durant cette crise sanitaire.

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