Elvis Presley a d’abord conquis les foules par son jeu de scène. En concert, il était dans son élément et donnait tout, perdant de son propre aveu « entre 2 et 3 kg » à chaque prestation. On ne s’étonne donc pas que Baz Luhrmann, qui a déjà consacré un biopic flatteur au King en 2022, avec Austin Butler dans le rôle-titre, se concentre cette fois sur l’aspect bête de scène de cette légende américaine, avec Epic : Elvis Presley in concert, en salles le 25 février.
C’est en préparant son biopic sur Elvis que le réalisateur australien a eu envie de creuser cette facette flamboyante du rocker. Précisément en visionnant deux documentaires dont les images servent de base à celui qu’il sort aujourd’hui : Elvis : That’s The Way it is de Denis Sanders (1970) et Elvis On Tour de Robert Abel et Pierre Adidge (1972).
Il a ensuite remis la main sur les chutes de ces deux films, soit 59 heures de négatifs, très peu ou jamais montrés jusqu’ici. Il y a ajouté des images en Super 8 inédites venues de Graceland – donc du département des archives de la maison-musée -, et des bandes audio d’interviews, avant de faire restaurer et synchroniser minutieusement le tout, avec l’aide du réalisateur néo-zélandais Peter Jackson, maestro de la résurrection audiovisuelle dernier cri, déjà aux manettes de l’incroyable documentaire The Beatles : Get Back ! (2021).
« Je ne vends pas du sexe. Je dois bouger ».
En dépit de son titre, Epic : Elvis Presley in concert, ce film n’est selon son réalisateur « ni un documentaire, ni un concert filmé« . Il le décrit plutôt comme « une sorte de poème filmé« , au cours duquel Elvis nous raconte son histoire, avec ses mots. Ses propos, extraits de différentes interviews, ponctuent en effet le film et en constituent le vrai plus.
« Chanter le rythm and blues, ça me décoiffe », explique notamment Elvis pour justifier qu’il ne tient pas en place lorsqu’il chante. « Je ne vends pas du sexe. Je dois bouger », se défend-il face aux ligues de vertu qui l’accusent de dévergonder la jeunesse avec ses déhanchés torrides. « J’aime tous les types de musique, depuis toujours« , dit-il aussi, définissant la sienne comme un mélange de country, de gospel et de rythm and blues.