Vendredi 20 février, la cour suprême américaine a jugé que Donald Trump avait dépassé ses pouvoirs en imposant des droits de douane à la quasi-totalité des produits entrant sur son territoire. Cette décision rejette l’argument de l’urgence économique invoquée par Washington, les conséquences financières sont colossales. Le trésor Américain pourrait devoir rembourser jusqu’à 180 milliards de dollars aux entreprises.

Quelques heures seulement après le revers infligé par la Cour suprême qui a censuré la plupart des taxes voulues par Donald Trump, le président américain réplique en proclamant un nouveau tarif douanier mondial de 10 %. Le décret, annoncé vendredi 20 février dans la soirée, entrera en vigueur pour une durée de 150 jours à partir du 24 février.

Le nouveau droit de douane mondial s’applique aux pays ou blocs qui ont signé des accords commerciaux avec Washington. L’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud ou encore Taïwan et l’Inde, qui avaient par exemple accepté un taux de 15% maximum de surtaxe douanière, en font partie.

BON A SAVOIR. La Cour suprême a rejeté la base légale des droits de douane « réciproques », la loi IEEPA (International Emergency Economic Powers Act). La Maison-Blanche a invoqué cette loi de 1977 pour étayer ses tarifs les plus généraux, ciblant des pays entiers.

Tout un pan de la muraille douanière de Donald Trump vient de s’effondrer. La Cour suprême a jugé vendredi que le président avait outrepassé son autorité en imposant ses droits de douane « réciproques ». L’ensemble des tarifs mis en place en s’appuyant sur une déclaration d’urgence nationale sont concernés.

La Cour suprême s’est laissée « influencer par des intérêts étrangers et par un mouvement politique bien plus modeste que ce que l’on pourrait croire », a attaqué Donald Trump, visiblement agacé, lors d’une conférence de presse organisée à la mi-journée à la Maison-Blanche.

La Cour suprême a décidé d’annuler des tarifs « réciproques » et punitifs qui ont représenté 67 % du total des recettes douanières sur un an. Une « honte » a-t-il réagi, alors que cette décision le prive d’importantes ressources financières et d’un moyen d’extorquer des avantages commerciaux et des concessions politiques aux pays étrangers.

Pourtant, d’un mal pourrait sortir un bien : une réduction contrôlée des prélèvements douaniers pourrait profiter à la croissance américaine et améliorer les chances du parti républicain pour les élections de mi-mandat en novembre.

Les marchandises importées d’Israël vers les États-Unis sont frappées d’un tarif douanier de 15%.

En tête de cette liste figure la Syrie, soumise à des droits de douane d’au moins 41%, suivie du Laos et du Myanmar avec 40%, de la Suisse à 39%, du Canada à 35% et de l’Afrique du Sud à 30%. Cette taxation représente une réduction minime de seulement deux points par rapport au taux initial annoncé par Trump en avril dernier.

Israël avait exprimé sa déception face à cette décision qui a eu lieu malgré les pressions significatives exercées par Jérusalem sur Washington. Des efforts diplomatiques avaient inclus une visite officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahou, dans une tentative de réduire le niveau des droits de douane.

Les nouveaux tarifs étaient entrés en vigueur le 7 août 2025, afin de permettre une adaptation aux changements.

AVANT LA DECISION DE LA COUR SUPREME AMERICAINE. Depuis août 2025, les États-Unis imposent des droits de douane de 15 % sur la majorité des produits manufacturés israéliens, malgré l’accord de libre-échange existant. En réponse, Israël a supprimé les droits de douane sur 300 produits agricoles américains au 1er janvier 2026, tentant de négocier une réduction de ces taxes qui pénalisent ses exportations.
Voici les points clés concernant les relations douanières américano-israéliennes en 2026 :
  • Droits de douane américains (importations depuis Israël) :
    • Une taxe de 15 % est en vigueur depuis le 7 août 2025 sur environ 70 % des exportations de biens manufacturés israéliens vers les USA.
    • La high-tech et les services (représentant une part majeure des échanges) semblent être partiellement épargnés ou moins impactés par ces mesures.
    • Ces mesures s’inscrivent dans une politique plus large de l’administration américaine.
  • Droits de douane israéliens (importations depuis les USA) :
    • Israël a annulé au 1er janvier 2026 les droits de douane sur 300 produits agricoles américains.
    • Israël cherche à maintenir des relations commerciales fluides tout en gérant une TVA à 18 %.
  • Contexte et Négociations :
    • Le Premier ministre israélien tente d’obtenir des exemptions en échange de concessions agricoles.
    • Les relations sont complexes, marquées par une forte dépendance d’Israël à l’aide militaire américaine (environ 3,8 milliards de dollars par an, plus des aides supplémentaires).
Malgré le nouveau tarif de 15 %, 98 % des produits étaient théoriquement déjà exonérés avant ces mesures, ce qui rend l’impact réel débattu, bien que significatif pour certains secteurs industriels.
Avi Ohayon / GPO

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