Au Tableau d’Horreur d’IsraelValley. Raphaël Arnault, qui a qualifié le Hamas de « résistance palestinienne », et a salué « l’offensive sans précédent sur l’État colonial d’Israël ».

Par |2026-02-20T11:06:28+01:0020 Fév 2026|Catégories : EDITORIAL|

Le député La France insoumise (LFI) du Vaucluse, Raphaël Arnault, est l’homme au centre de la tornade politique qui fragilise le mouvement de Jean-Luc Mélenchon depuis la mort du militant de la mouvance nationaliste révolutionnaire Quentin Deranque, samedi 14 février, à Lyon.

Les enquêteurs suspectent plusieurs membres de la Jeune Garde, le groupuscule antifasciste fondé par Raphaël Arnault en 2018, un mouvement allié de LFI, dissous en 2025, d’être à l’origine du drame.

Parmi les 11 personnes interpellées figurent deux de ses collaborateurs parlementaires : Jacques-Elie Favrot, dit « Jef », et Robin C. qui, lui, avait été recruté par l’élu sous le pseudonyme de Robin Michel. Selon l’avocat de Jacques-Elie Favrot, ce dernier reconnaît la « commission de violences », mais nie être l’auteur des coups ayant provoqué la mort de Quentin Deranque. La présidente (Renaissance) de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a dit avoir suspendu les deux hommes de leurs droits d’accès au Palais-Bourbon.

FRANC TIREUR.

« C’est une séquence, lunaire, qui en dit long sur le personnage. Nous sommes le 12 mars, à l’Assemblée nationale. Raphaël Archenault, connu sous le nom de Raphaël Arnault, fiché S mais député LFI de la première circonscription du Vaucluse, organise une table ronde sur « l’islamophobie », son dada. Pour l’animer, il a invité deux organisations fréristes : le Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE, ex-CCIF) et le syndicat des Étudiants musulmans de France (EMF), directement issu de la représentation des Frères musulmans et organisateur de rencontres d’étudiants avec l’islamologue Tariq Ramadan.Alors que la porte se referme sur la salle, une invitée surprise, Hanane Mansouri, accompagnée de plusieurs élus UDR et RN, débarque. La benjamine du Parlement (24 ans) est venue remettre au député LFI un dossier rappelant que le CCIF a été dissous après l’assassinat de Samuel Paty pour avoir incité à la haine contre lui. Arnault, qui a troqué son look de corsaire un peu canaille sorti d’un album d’Hugo Pratt pour un costume bleu ciel au col mao (la marque de son anticonformisme), bombe le torse. Et répète ad nauseam : « Allez les racistes ! Dehors les racistes ! », en repoussant la jeune élue de l’Isère vers la sortie. Ironie de la scène, la « raciste » en question est une « racisée » d’origine maghrébine… Certes élue de l’Union des droites pour la République d’Éric Ciotti, mais moins réac que les invités fréristes qu’affectionne le député LFI.

PRISON AVEC SURSIS

Les nuances de l’islamisme, le jeune Arnault ne connaît pas. Son exotisme antifa confond volontiers l’extrême droite et la gauche dès qu’il s’agit de « racisés ». À 30 ans, issu de la petite bourgeoisie éduquée, fils d’une enseignante, ancien militant au sein d’Attac et du NPA, sa boussole antiraciste est réglée en mode pavlovien. C’est presque un réflexe chez cet amateur de castagne, plus intuitif que cognitif, et qui cogne volontiers. Ce qui lui a valu d’être condamné à quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour violences en réunion – il a fait appel. Leader le plus connu des antifas, il mise sur des méthodes musclées pour faire barrage aux fascistes. En 2018, il a cofondé, avec Safak Sagdic, la Jeune Garde : une milice brutale qui fait le coup de poing contre les « fafs » et la police dans les manifs. Cette culture de la violence tranche avec sa voix douce et une gueule d’ange dont il sait jouer. Cheveux blonds en bataille, boucles d’oreilles et tatouages, son ton monte lorsqu’il s’exprime sur Internet. Là, il révèle son vrai visage, d’une violence obsessionnelle, menaçant ses adversaires de leur « mettre une balle dans la tête ». Un bad boy, un vrai.

Bien sûr, le garçon se dit féministe. Mais lorsque des militantes de la Coordination féministe antifasciste lyonnaise, engagées aux côtés de la Jeune Garde, racontent avoir été agressées par trois de leurs membres en 2022, elles accusent Raphaël Arnault, alors porte-parole, d’avoir refusé de les écouter avec mépris. Le garçon se dit antiraciste, bien sûr, mais lorsque le Hamas viole et massacre des Juifs le 7 octobre, il prend le parti des brutes, qualifie le Hamas de « résistance palestinienne », et salue « l’offensive sans précédent sur l’État colonial d’Israël ». Un message supprimé, qu’il juge « maladroit » et lui vaut une convocation pour « apologie du terrorisme ». C’est sans doute aussi par antiracisme, ou par maladresse, que ses camarades de la Jeune Garde sont accusés d’avoir poursuivi et tabassé un jeune Juif dans le métro. Nous étions le 27 mai 2024, à l’université Paris-Dauphine, au sortir d’une conférence de Rima Hassan… qu’ils escortaient.

MODE BASTON ACTIVÉ

N’allez pas croire qu’Arnault se pense antisémite! Il sera l’un des premiers à condamner, dans un message sur X, l’«attaque antisémite» d’une synagogue de La Grande-Motte. Sauf qu’il dénonce alors des « groupes suprémacistes » qui « multiplient les menaces envers la communauté juive depuis des années et n’hésitent plus à passer à l’acte». Et tant pis si l’auteur de l’incendie est un islamiste portant un keffieh, la taille enserrée dans un drapeau palestinien, et non le suprémaciste rêvé par l’antifa. Lui ne condamne l’antisémitisme que s’il surgit de l’extrême droite, jamais de l’extrême gauche, d’un « racisé » ou du Hamas. Et si la réalité le gêne, il n’a aucun mal à lui en substituer une autre… Comme lorsqu’il accuse les supporters israéliens d’être les responsables de la chasse aux Juifs organisée contre eux le 7 novembre à Amsterdam. « Ça ne s’est a priori pas bien fini pour ces hooligans » israéliens, ironise l’élu mélenchoniste, visiblement satisfait.

Question hooliganisme, pour le coup, il s’y connaît. Il a beau avoir été élu député en 2024, sous les couleurs de LFI après un échec électoral sous celles du NPA, il sait se fondre avec aisance dans le barnum de son groupe. Mais comment résister à l’appel de la bagarre quand on en a le goût, qu’on aime la boxe et qu’on siège au sein d’un parti qui prône le boxon ? Quand de violentes émeutes secouent le Royaume-Uni, l’été dernier, et que l’extrême droite s’y oppose, son sang se met à bouillir. Un peu comme Le Pen, qui avait troqué son costume de plus jeune député de l’Assemblée pour aller combattre en Algérie, il lâche son écharpe tricolore et traverse la Manche pour en découdre. « So I debarque to Londres for soutenir les camarades antifascistes locaux face aux émeutes et attaques ciblées racistes », poste-t-il le 7 août 2024. Et il ajoute : « Mode Jeune Garde activé ». Entendez : mode baston activé. Là, il se jette dans la mêlée, rejoignant les rangs de la London Anti-Fascist Assembly. Un groupuscule d’extrême gauche allié à la Jeune Garde mais aussi à Palestine Solidarity Campaign : une organisation frériste et pro-Hamas qui appelle à l’intifada et à la destruction de l’État juif. Le tout en pleine explosion d’actes antisémites en Angleterre. À défaut de grands esprits, les grandes brutes se rencontrent toujours…Et se ressemblent parfois.

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