Lors d’un discours lundi soir à la résidence de l’ambassadeur de France à Tel-Aviv, Aurore Bergé a affiché une position ferme. «Face aux nouvelles formes de haine anti-juifs, le pas de vague, c’est fini», a-t-elle déclaré. La ministre a insisté sur la nécessité d’une réaction forte : «Il faut faire des vagues. Il faut même des tsunamis, car le danger aujourd’hui n’est pas seulement la haine déclarée. Le danger, c’est l’habitude, c’est la tentation de l’indifférence, cette accoutumance qui anesthésie.»
Bergé a défendu l’action de la France contre l’antisémitisme. «La France mène le combat. Elle nomme, elle protège, elle punit», a-t-elle affirmé devant les Franco-Israéliens, qui sont environ 220.000 en Israël.
Cette visite fait suite à des accusations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui avait reproché à la France son inaction dans la lutte contre l’antisémitisme. Le président Emmanuel Macron avait alors assuré que la France combattrait ce «fléau» avec «toutes ses forces».
Aurore Bergé a également affirmé «le droit d’Israël à vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues», sans nier «les droits du peuple palestinien à vivre lui aussi dans la dignité et la sécurité, libéré enfin du joug des terroristes du Hamas». Elle a appelé la France et Israël à «combattre ensemble» contre l’antisémitisme. (AFP)
TIMES OF ISRAEL: « Lundi, lors d’une visite en Israël, la ministre déléguée française chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé s’est rendue sur le site du festival Nova, à Réïm.
« Ce qui compte, c’est qu’il faut qu’on assume d’avoir un dialogue, et un dialogue évidemment exigeant d’un point de vue diplomatique, mais qu’on n’oublie jamais que nos deux nations sont intimement liées ».
« Dans le combat universaliste qu’on doit mener face à l’antisémitisme, on doit évidemment combattre ensemble, la France et Israël. » « Et je crois que ce sera l’occasion de le réaffirmer cette semaine », a-t-elle ajouté.
Il s’agit de la première visite d’un responsable français depuis celle du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui s’était lui aussi rendu sur le site du festival pour une cérémonie d’hommage, le 7 octobre 2024. Le Times of Israël
SUD OUEST: « L’image est saisissante : 1 650 véhicules calcinés forment un interminable cimetière de tôle sur cette route D-32 qui relie Tel-Aviv au sud d’Israël. Le site est devenu l’un des symboles des attentats du 7-Octobre perpétrés par le Hamas, où ont péri 1 100 victimes. Derrière chaque véhicule, une histoire, le nom et le visage de tous ceux qui, tentant d’échapper aux terroristes, se sont retrouvés piégés.
Ce lundi 16 février, c’est par cette séquence qu’Aurore Bergé, la ministre en charge de l’Égalité et de la Lutte contre les discriminations, a commencé son voyage officiel en Israël. Dans un inhabituel costume de diplomate, et dans un contexte singulier : la reconnaissance de l’État palestinien par Emmanuel Macron le 22 septembre dernier lors de l’Assemblée générale des Nations unies.
« Notre objectif, c’est d’avoir des relations diplomatiques qui réaffirment à la fois la franchise nécessaire mais aussi l’amitié entre nos deux nations », affirme la ministre.
Même si les relations franco-israéliennes sont aujourd’hui tendues, c’est un message d’espoir qu’elle vient porter dans une ambiance encore très sensible ».