un appareil israélien permet de diagnostiquer les maladies sexuellement transmissibles en 30 minutes

Un dispositif médical mis au point en Israël promet de transformer en profondeur le dépistage des maladies sexuellement transmissibles. Développé par la start-up Kanso, en japonais veut dire simplicité, cet appareil permet d’identifier certaines infections bactériennes en seulement trente minutes, directement au cabinet médical, sans envoi d’échantillons vers un laboratoire externe ni attente de plusieurs jours.

Une innovation née de la rencontre entre biologie et ingénierie

À l’origine du projet, deux amis d’enfance originaires de Jérusalem, aujourd’hui âgés de 34 ans. L’un est biologiste, spécialiste de biologie moléculaire et de génie génétique. L’autre est ingénieur en mécanique, diplômé du Technion puis formé à la gestion. Ensemble, ils ont fondé une entreprise dont l’objectif est clair : simplifier un processus médical lourd, anxiogène et souvent lent pour les patients.

Combler le fossé entre rapidité et fiabilité

Les fondateurs expliquent que le système a été conçu pour répondre à une faiblesse bien connue du dépistage actuel. Les tests rapides existants manquent souvent de précision, tandis que les analyses de laboratoire fiables imposent des délais longs. « Nous voulions combler l’écart entre les tests rapides et les tests plus fiables », explique l’un des cofondateurs, en résumant l’ambition technologique du projet.

Un diagnostic immédiat, lors de la consultation

La première application de l’appareil concerne les infections bactériennes sexuellement transmissibles les plus répandues, notamment la chlamydia et la gonorrhée. Aujourd’hui, dans certains pays, les patients attendent jusqu’à dix jours pour obtenir leurs résultats. « Nous avons développé un appareil compact qui permet au médecin de réaliser le test sur place, et au patient de recevoir un traitement dès la même consultation », précise l’un des dirigeants de la société.

Des essais cliniques déjà engagés

Après deux années de recherche et développement, un prototype pleinement fonctionnel a été conçu et fabriqué par l’équipe. Des dizaines d’échantillons urinaires ont déjà été testés dans le cadre d’une collaboration avec un grand centre hospitalier israélien, afin de valider la fiabilité clinique du dispositif dans des conditions réelles.

Financement, autorisations et objectif de mise sur le marché

La start-up a levé jusqu’à présent l’équivalent de 1,8 million de dollars auprès de fonds de capital-risque, de l’Autorité israélienne de l’innovation et d’investisseurs privés.
Elle a récemment obtenu une subvention supplémentaire d’environ 1,5 million de dollars et travaille actuellement à une nouvelle levée de fonds. « Notre objectif est de finaliser un tour de financement et de transformer le prototype en produit clinique, à travers un essai qui obtiendra l’autorisation des autorités sanitaires américaines », expliquent les fondateurs.

Un modèle économique qui bouscule les laboratoires

Aux États-Unis, un test de dépistage de ce type est aujourd’hui remboursé autour de 70 dollars lorsqu’il est effectué en laboratoire. L’intégration d’un appareil de diagnostic rapide directement dans les cabinets médicaux pourrait donc modifier l’équilibre économique du secteur, en réduisant la dépendance aux laboratoires externes et en accélérant la prise en charge des patients.

Vers une médecine de proximité, puis à domicile

Les fondateurs indiquent que les développements futurs resteront centrés sur la santé féminine, avec des tests destinés aux infections urinaires et vaginales. À plus long terme, ils envisagent une utilisation à domicile. « Avec le temps, la médecine et le diagnostic arriveront de plus en plus chez le patient », affirment-ils, en décrivant une évolution progressive vers une médecine décentralisée.

Travailler avec un ami, un défi assumé

Les deux entrepreneurs reconnaissent que diriger ensemble une start-up exige une grande maturité relationnelle. Ils expliquent que leur amitié de longue date leur permet d’affronter les tensions inhérentes à l’entrepreneuriat. L’un d’eux confie même, non sans ironie, qu’ils ont parfois « plus d’accords entre eux qu’avec leurs conjoints ».

Ce dispositif israélien marque une avancée concrète dans le diagnostic rapide des maladies sexuellement transmissibles, en réduisant drastiquement les délais sans compromettre la fiabilité médicale.

https://www1.alliancefr.com/actualites/deux-israeliens-revolutionnent-le-diagnostic-des-mst-6130114

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