La progression du shekel reflète des fondamentaux solides, affirme la Banque d’Israël.
La hausse du shekel, qui atteint des sommets inédits depuis près de quatre ans face au dollar, témoigne de la résilience de l’économie israélienne et intervient dans un contexte de performances solides à l’export, a déclaré mercredi Amir Yaron, gouverneur de la Banque d’Israël.
En marge du Forum économique mondial de Davos, Yaron a expliqué à Reuters que la vigueur de la monnaie israélienne constituait également un atout, contribuant à modérer l’inflation.
« L’appréciation du shekel traduit de nombreux fondamentaux positifs, notamment en ce qui concerne les évolutions géopolitiques et bien sûr la période postérieure au cessez-le-feu », a-t-il souligné en référence au cessez-le-feu d’octobre 2025 à Gaza.
« Nous comprenons que cette appréciation complique la tâche des exportateurs. Mais nous avons constaté une hausse des exportations de biens et de services lors des deux dernières publications », a-t-il ajouté à propos de la progression d’environ 12 % du shekel face au dollar depuis le début de l’année 2025.
Interrogé sur le seuil à partir duquel la banque centrale envisagerait d’intervenir pour freiner la hausse du shekel, Yaron a répondu : « L’outil de change fait partie de la boîte à outils de la Banque d’Israël. Nous disposons de nombreux instruments pour mettre en œuvre notre politique. »
Par le passé, la banque centrale avait acheté plusieurs dizaines de milliards de dollars afin d’éviter une appréciation trop rapide du shekel, susceptible de nuire aux exportateurs. Elle avait vendu 8,5 milliards de dollars de devises au début de la guerre à Gaza en octobre 2023 pour soutenir le shekel, mais s’est depuis largement abstenue d’intervenir sur le marché.
La Banque d’Israël a récemment surpris en abaissant son taux directeur de 25 points de base plus tôt ce mois-ci, une deuxième baisse consécutive après celle de novembre, la première depuis près de deux ans.
Elle a justifié cette décision par la vigueur du shekel et l’amélioration du contexte inflationniste après le cessez-le-feu, qui a permis d’atténuer les tensions sur l’offre provoquées par deux années de conflit. Le taux d’inflation s’élève actuellement à 2,6 %, soit dans la fourchette cible officielle de 1 à 3 %.
Yaron a souligné que la demande économique en Israël était restée soutenue durant le conflit, et que la banque n’avait pas observé d’accélération notable à la suite du cessez-le-feu.
« Nous n’avons pas constaté de flambée de la demande comme ce fut le cas après le COVID », a-t-il précisé.
Il a indiqué que le département de recherche de la banque avait établi un scenario de référence prévoyant encore 50 points de base de baisse, pour atteindre un taux directeur officiel de 3,5 % d’ici la fin de l’année, tout en soulignant le niveau d’incertitude auquel sont confrontées toutes les banques centrales.
« Nous devrons observer l’évolution de la demande, l’atténuation des contraintes d’offre et l’impact de la dynamique du shekel », a-t-il conclu.
(Rédaction : Mark John ; édition : Steven Scheer et Hugh Lawson)

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