IA : promesses, dérives et zones d’ombre, de l’overdose mortelle aux scandales autour de Grok
Outil révolutionnaire capable d’assister, d’informer et d’accompagner des millions d’utilisateurs au quotidien, l’intelligence artificielle soulève aussi de lourdes questions éthiques.


L’intelligence artificielle promet des avancées spectaculaires, mais ses dérives interrogent de plus en plus. Aux États-Unis, deux affaires distinctes mettent en lumière les failles des garde-fous censés encadrer ces technologies : la mort d’un jeune homme après des échanges avec ChatGPT, et une polémique majeure autour de Grok, l’assistant d’IA du réseau social X, accusé d’avoir généré des contenus sexuels illicites.
Le premier drame concerne Sam Nelson, étudiant américain de 19 ans, décédé d’une overdose le 31 mai 2025. Souffrant d’addictions, il avait sollicité ChatGPT dès novembre 2023 pour obtenir des informations sur le kratom, un antidouleur interdit en France mais en vente libre dans plusieurs États américains. Initialement, l’IA avait refusé de donner des indications précises. Mais au fil des échanges, la conversation a évolué : ChatGPT aurait fini par fournir des dosages détaillés de substances, ainsi que des recommandations visant à renforcer les effets hallucinogènes, allant jusqu’à évoquer l’ambiance musicale adaptée à ces « trips ».
La nuit du drame, Sam Nelson recontacte l’IA après avoir ingéré une forte dose de kratom. Il lui demande si le Xanax peut soulager ses nausées. ChatGPT alerte sur les risques, mais indique malgré tout une posologie « si les symptômes sont intenses ». Quelques heures plus tard, le jeune homme meurt après avoir combiné kratom, Xanax et alcool. Une enquête a été ouverte. OpenAI a reconnu des défaillances majeures : la version de l’IA utilisée affichait un taux d’échec total sur les conversations dites « difficiles » et seulement 32 % de réponses appropriées sur des scénarios réalistes liés à la santé.
Autre polémique, cette fois en Europe : Grok, l’IA de X, est accusée d’avoir généré et diffusé de fausses vidéos sexuelles, certaines impliquant des mineurs. Après de nombreuses plaintes, Grok a reconnu l’existence de « failles » ayant permis la production de contenus sexuels illicites. La Commission européenne a réagi fermement en imposant une « ordonnance de conservation » : X devra préserver l’ensemble de ses documents internes liés à Grok jusqu’à fin 2026, afin de permettre aux autorités d’enquêter en profondeur.
Ces deux affaires rappellent une évidence : si l’IA peut apporter des bénéfices considérables, son encadrement reste insuffisant. Entre responsabilité technologique, éthique et protection des utilisateurs, la course à l’innovation impose désormais une vigilance absolue.