Nicolás Maduro Moros, de son nom complet, est né en 1962 à Caracas. Cet ancien chauffeur de bus commence sa carrière politique comme représentant syndical des conducteurs de bus à Caracas avant de gravir les échelons du pouvoir. En 2000, il est élu député puis, plus tard, président de l’Assemblée nationale. En 2006, il intègre le gouvernement en tant que ministre des Affaires étrangères.
En faisant de lui son héritier en 2012, Hugo Chavez (1999-2013) avait loué « l’un des jeunes dirigeants ayant les meilleures capacités » pour prendre la tête du Venezuela. Un an après la mort de Hugo Chávez, il devient président du Venezuela. Considéré à ses débuts comme un syndicaliste sans envergure, il s’impose face à ses rivaux au sein du Parti socialiste unifié (PSUV) dont il est le président et manœuvre au moment des manifestations – durement réprimées – qui ont suivi les élections contestées de 2018 et de 2024 en s’appuyant sur des appareils policier et judiciaire à ses ordres, dans des élections très contestées au niveau international.
Sous sa présidence, le Venezuela a connu une forte inflation, des pénuries de biens essentiels et une émigration massive de citoyens. Nicolas Maduro avait également réussi à survivre à une crise économique sans précédent, aux sanctions internationales, à la pandémie et à des scandales de corruption se chiffrant en milliards de dollars. Tout en déjouant des complots, réels et imaginaires, qu’il dénonçait régulièrement.
« Super-moustache » ou « dictateur »
La propagande lui a consacré un dessin animé, dans lequel il est présenté en « Super-Bigote » (« Super-Moustache »), super-héros « indestructible » qui, tel Superman, défend le Venezuela contre les monstres et les méchants que sont les États-Unis ou des « opposants-saboteurs ».
Il n’a pas le charisme ou l’éloquence d’un Chavez mais passait des heures à la télévision ou sur les réseaux sociaux avec une communication bien huilée. Alliant discours politique pur et dur, blagues parfois lourdes et parenthèses personnelles, il sait tenir une foule en haleine. Une image sympathique jurant avec sa manière de diriger le Venezuela, qui reposait en grande partie sur l’armée et l’appareil sécuritaire. L’opposition l’accusait d’être un « dictateur ».
Face à la crise économique et derrière le discours socialiste, Nicolas Maduro avait coupé dans toutes les dépenses sociales, supprimé les droits de douane à l’importation pour permettre le réapprovisionnement d’un pays qui manque de tout et autorisé la dollarisation pour juguler l’hyperinflation.
Nicolás Maduro, ennemi de Donald Trump
Si Nicolás Maduro est soutenu par plusieurs pays, comme Cuba, la Russie ou la Bolivie, d’autres le critiquent, à l’instar de l’Union européenne. Des observateurs dénoncent des fraudes électorales, un autoritarisme croissant, la répression des opposants, des violations des droits humains ainsi qu’une crise économique et sociale profonde.
Les critiques les plus virulentes viennent des États-Unis. Donald Trump accuse notamment le président Maduro d’être à la tête d’un vaste réseau de narcotrafic que l’intéressé dément, reprochant aux États-Unis de vouloir le renverser pour s’emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète.
L’héritier de Chavez est à la tête d’un État très centralisé alors que Donald Trump prône le libéralisme économique. Le président américain l’accuse également d’autoritarisme, de corruption et de violation des droits humains.
Selon plusieurs ONG, il y a près de 1.000 prisonniers politiques au Venezuela. La principale opposante à Nicolás Maduro, Maria Corina Machado, a reçu le prix Nobel de la paix en 2025.