Difficile de trouver une justice fiscale dans le projet de budget 2026. Certains impôts sont allégés mais beaucoup d’autres sont relevés.

Le ministre des Finances propose quelques mesures-phares qui visent à impressionner le contribuable :

  • la baisse du taux d’impôt sur les tranches moyennes de revenu (16 000 à 25 000 shekels par mois) ;
  • le doublement du plafond d’exonération de la TVA sur les importations personnelles (achats en ligne à l’étranger) de 75 à 150 dollars ;
  • l’exonération fiscale pour les nouveaux immigrants durant les cinq premières années de leur Aliya.

Au total, ces largesses fiscales ne concernent que des catégories étroites d’Israéliens (notamment les classes moyennes).

Reprendre de l’autre main

Tout en abaissant certains impôts, la tactique fiscale du ministère des Finances consiste aussi à relever de nombreux impôts existants et à créer de nouvelles taxes ; le tout en utilisant des termes indolores pour amadouer le contribuable.

C’est ainsi que les relèvements d’impôt opérés en 2025 se poursuivront aussi en 2026 comme :

  • le taux de la TVA reste à 18% (+1%) ;
  • le gel des tranches d’impôt et des crédits d’impôt (c’est-à-dire la non-indexation sur l’indice des prix) est reconduit ;
  • le relèvement des taux de cotisations sociales est prorogé.

Par ailleurs, de nouvelles taxes feront leur apparition en 2026 :

  • une taxe sur les cigarettes électriques ;
  • une taxe foncière sur les terrains inutilisés ;
  • une taxe spéciale sur les profits bancaires.

L’augmentation de la charge fiscale prévue pour 2026 s’élèvera à environ 30 milliards de shekels, contre un allègement proposé qui ne dépassera pas les 10 milliards de shekels.

Le budget 2026 est un mélange de populisme (allègements fiscaux) et de pragmatisme (alourdissements fiscaux). Bref, un art fiscal qui vise un objectif majeur : maintenir la coalition gouvernementale en place jusqu’à l’échéance législative d’octobre 2026.

à propos de l’auteur
Jacques Bendelac est économiste et chercheur en sciences sociales à Jérusalem où il est installé depuis 1983. Il possède un doctorat en sciences économiques de l’Université de Paris. Il a enseigné l’économie à l’Institut supérieur de Technologie de Jérusalem de 1994 à 1998, à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 2002 à 2005 et au Collège universitaire de Netanya de 2012 à 2020. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à Israël et aux relations israélo-palestiniennes. Il est notamment l’auteur de « Les Arabes d’Israël » (Autrement, 2008), « Israël-Palestine : demain, deux Etats partenaires ? » (Armand Colin, 2012), « Les Israéliens, hypercréatifs ! » (avec Mati Ben-Avraham, Ateliers Henry Dougier, 2015) et « Israël, mode d’emploi » (Editions Plein Jour, 2018). Dernier ouvrage paru : « Les Années Netanyahou, le grand virage d’Israël » (L’Harmattan, 2022). Régulièrement, il commente l’actualité économique au Proche-Orient dans les médias français et israéliens.
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