Israël aurait beaucoup à gagner à passer « du statut de bénéficiaire de l’aide à celui de partenaire des États-Unis », estime l’ancien envoyé israélien aux États-Unis, Michael Oren.

« Indépendance maximale »

Lors d’une interview publiée le mois dernier dans The Economist, Netanyahu a annoncé son intention de « réduire » l’aide militaire à zéro d’ici les dix prochaines années. Quelques jours plus tard, il a déclaré, lors d’une conférence de presse en hébreu, vouloir une « indépendance maximale » vis-à-vis de l’aide militaire étrangère « de façon à ne jamais manquer d’armes ou de munitions ».

Lors de cette conférence de presse, Netanyahu a porté de graves accusations contre l’administration de l’ancien président américain, Joe Biden, en affirmant que des soldats israéliens avaient perdu la vie à Gaza à cause de l’« embargo » qui, selon lui, avait entraîné une pénurie de munitions au sein de l’armée israélienne. Cet embargo n’aurait pris fin qu’avec la prise de fonctions de l’actuel président américain, Donald Trump.

Le Premier ministre israélien a accusé à plusieurs reprises l’administration Biden d’avoir revu à la baisse les livraisons d’armes à Israël, notamment en juin 2024, ce que le président Biden avait catégoriquement nié, exception faite des bombes « bunker buster » d’une tonne dont il redoutait l’utilisation à Rafah, dans le sud de Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu 

Pour se prémunir contre de telles difficultés, Netanyahu a déclaré son intention de faire naître en Israël un véritable complexe militaro-industriel, de façon à faire passer la relation Israël-États-Unis « de l’aide au partenariat ».

Cela pourrait par exemple donner lieu, a-t-il dit, à des programmes de recherche et développement israéliens suivis d’une production conjointe, dans le cadre d’un partenariat susceptible de s’ouvrir à d’autres alliés, comme par exemple l’Inde et l’Allemagne.

Démissionnaire le mois dernier de ses fonctions de conseiller financier en chef auprès de l’Armée israélienne et du ministère de la Défense, Gil Pinchas confiait au Financial Times, avant de quitter son poste, qu’Israël souhaitait se concentrer sur des projets militaires et de défense conjoints, et non sur l’aide financière, dans le cadre des négociations en vue d’un nouveau protocole d’accord.

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