La Corée du Nord s’est encore fait remarquer cette semaine avec de nouveaux tests de missiles balistiques. Mais ces tests prennent un sens très particulier avec la guerre au Moyen-Orient.

Cette photo prise le 25 février 2026 et publiée par l'agence de presse officielle nord-coréenne Korean Central News Agency (KCNA) le 26 février 2026 montre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et sa fille Kim Ju Ae assistant au défilé militaire organisé pour commémorer le 9e congrès du Parti des travailleurs de Corée sur la place Kim Il-sung à Pyongyang.

Kim Jong-un observe de très près l’évolution de la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Et pour lui, il y a déjà une leçon à tirer : si Donald Trump a décidé d’accepter un cessez-le-feu avec Téhéran, c’est que l’armée américaine n’a pas réussi à éliminer ce qu’on appelle les armes « symétriques » des Iraniens – les drones, entre autres. Et c’est là que la Corée du Nord veut se positionner.

Selon KCNA, l’agence de presse étatique à Pyongyang, l’armée nord-coréenne a mené pendant trois jours cette semaine des tests de missiles balistiques avec de nouvelles armes. Et le message est clair : nous aussi, les Nord-Coréens, nous possédons des armes asymétriques, ne nous attaquez pas imprudemment comme l’Iran.

Nouvelle arme asymétrique

Quelles sont ces armes asymétriques dévoilées et testées par la Corée du Nord ? Un exemple : ce mercredi, parmi les armes testées par les Nord-Coréens, figuraient des missiles équipés de bombes à fragmentation. Il s’agit d’une bombe aérienne qui explose soit avant de toucher sa cible, soit au moment de l’impact et qui libère des milliers d’éclats à très grande vitesse, dans des directions aléatoires ou non selon les effets désirés.

C’est une arme facile à concevoir, pas chère à produire et qui est utilisée par l’Iran contre les États-Unis et Israël. Et elle est asymétrique parce qu’elle coûte moins cher que les systèmes d’interception, eux, très coûteux. Donc, cela épuise les finances d’un ennemi qui a pourtant la supériorité militaire.

Doctrine nucléaire qui inquiète

Ces nouvelles armes s’ajoutent au reste de l’arsenal nord-coréen : les missiles longue portée développés pour atteindre le territoire américain et surtout l’arme nucléaire. Contrairement à l’Iran, la Corée du Nord est de fait une puissance nucléaire, et c’est « irréversible »martèle à l’envi Kim Jong-un. Selon les experts, Pyongyang possèderait plus de 60 ogives nucléaires. C’est peu par rapport aux plus de 5 000 têtes de l’arsenal américain.

Mais c’est la doctrine nucléaire de Pyongyang qui inquiète. En 2022, Kim Jong-un avait annoncé une nouvelle loi qui autorise à utiliser la bombe nucléaire en réponse à une attaque nucléaire ou non, c’est-à-dire même si l’attaque a lieu avec des armes conventionnelles.

Glacial avec Séoul, Kim ménage Trump

Ces tests de missiles nord-coréens interviennent sur fond de diplomatie très subtile de la part de la Corée du Nord. D’un côté, c’est glacial avec la Corée du Sud. Les tests de missile le confirment : pas question de reprendre le dialogue, comme le voudrait le président sud-coréen Lee Jae-myung. Car Pyongyang considère Séoul comme « l’ennemi le plus hostile », car il veut toujours la dénucléarisation de la Corée du Nord.

De l’autre côté, c’est plus chaleureux avec la Chine : ce jeudi et ce vendredi, le chef de la diplomatie chinoise était à Pyongyang, la première visite depuis 2019. Wang Yi a salué les « succès » de Pyongyang, que Washington veut « étouffer ».

Cependant, en toile de fond, Kim Jong-un pense à Donald Trump, qui doit venir à Pékin à la mi-mai. Kim sait que le président américain veut organiser un nouveau sommet avec lui. Le dirigeant nord-coréen y est prêt, à condition que les États-Unis renoncent à l’idée de priver son pays de l’arme atomique. Et pour le convaincre, Kim Jong-un ménage Trump. Ainsi, en ce moment, il garde ses distances avec l’Iran. Selon les renseignements sud-coréens, Pyongyang n’aurait pas envoyé d’armes à Téhéran depuis le début de la guerre avec les États-Unis et Israël.

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