Depuis 2023 et en ce début d’année 2026, trois établissements reviennent systématiquement dans le débat public en raison de l’intensité des mobilisations liées au conflit au Proche-Orient :
1. Sciences Po Paris
C’est l’épicentre de la contestation. Bien que la direction tente de maintenir une position de neutralité, l’école est le théâtre de blocages récurrents et de tensions extrêmes.
* Le mouvement étudiant : Des comités comme le « Comité Palestine » y sont très structurés.
* Les incidents : L’occupation de l’amphithéâtre Boutmy en 2024, marquée par des accusations d’antisémitisme (contestées par les organisateurs), a cristallisé le débat national.
* La réponse de l’État : La direction a été mise sous pression par le gouvernement pour garantir la sérénité des examens et le pluralisme des opinions.
2. Université Paris 8 (Vincennes – Saint-Denis)
Historiquement ancrée à gauche et très politisée, Paris 8 est souvent considérée comme l’un des bastions les plus radicaux.
* Tradition militante : L’université a une longue tradition de soutien aux luttes d’autodétermination. Les appels au boycott universitaire (BDS) y trouvent un écho très fort, tant chez une partie des étudiants que chez certains enseignants-chercheurs.
* Visibilité : Les banderoles et les manifestations y sont fréquentes, et les collectifs y sont particulièrement virulents contre la politique israélienne.
3. EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales)
Plus qu’une université classique, c’est un centre de recherche où les débats théoriques sont intenses.
* Critique académique : Le « sionisme » y est souvent étudié sous l’angle du colonialisme ou des structures de pouvoir, ce qui nourrit une critique intellectuelle très poussée.
* Tensions : Les assemblées générales y sont régulièrement le lieu de votes de motions demandant la rupture totale des partenariats avec les institutions israéliennes.
Nuances importantes
Il faut distinguer plusieurs réalités :
* L’antisionisme politique : La critique de la politique de l’État d’Israël, qui est légale et très présente dans les départements de sciences humaines.
* Le glissement vers l’antisémitisme : C’est le point de vigilance des autorités. Plusieurs rapports (dont ceux de l’UEJF) signalent une hausse des actes hostiles envers les étudiants juifs au sein de ces campus, créant un climat d’insécurité pour certains d’entre eux.
* La position des directions : À ce jour, aucune université française n’a officiellement adopté de boycott institutionnel contre Israël, car cela contreviendrait au principe de liberté académique et de coopération internationale prôné par le ministère de l’Enseignement supérieur.
En résumé : Si Sciences Po Paris est la plus médiatisée pour ses blocages, Paris 8 reste l’université où le militantisme antisioniste est le plus ancré historiquement.
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