Radio J à 7h05. En direct de New-York. Chronique hightech de Daniel Rouach.
En cinquante ans, Apple a défini la tech. Nous allons consacrer une chronique spéciale sur la présence de Apple en Israël.
Le 1er Avril 2026, Tim Cook a remercié “toutes les personnes folles” qui ont construit la légende d’Apple, né le 1er avril 1976. Le géant du numérique a bâti son succès mondial sur un slogan, “Think different”, depuis ses débuts dans un garage californien, en produisant une batterie d’innovations qui ont marqué l’époque (Macintosh, iPad, iPhone…).
Importance d’Israël pour Apple :
- Centres de R&D : Le premier centre a ouvert à Herzliya en 2015, suite aux acquisitions de sociétés israéliennes comme Anobit et PrimeSense.
- Expansion : L’entreprise a continué à étendre ses activités, incluant des recrutements pour des ingénieurs en matériel et algorithmes.
- Leadership : Les centres sont liés au vice-président senior des technologies matérielles d’Apple, le Haïfien Johny Srouji.
En pleine guerre Israël-Iran, Apple a confirmé l’acquisition de la start-up israélienne Q.ai , une opération qui semble s’inscrire dans la stratégie du géant technologique visant à s’implanter sur le marché des objets connectés grâce à l’intelligence artificielle. Selon des sources proches du dossier citées par le Financial Times, le rachat a coûté à Apple près de 2 milliards de dollars.Témoignage d’un ingénieur: « Apple dispose de 3 centres de R&D en Israël – en fait, l’Apple Watch a été partiellement développée dans les leurs – tout comme leurs nouvelles puces M1, M2, M3 et M4. Pendant la guerre, Apple a discrètement annoncé la création d’un nouveau centre à Jérusalem, ajoutant ainsi plus de 500 emplois à l’économie israélienne.
Je pense qu’il convient de noter que la main-d’œuvre d’Apple en Israël est composée à la fois de juifs israéliens et de musulmans.
J’ai eu l’occasion de visiter un centre de R&D à Herzilya et j’ai été agréablement surpris de constater cette diversité ».
- Rôle clé : Srouji supervise le développement de toutes les puces personnalisées d’Apple (Apple Silicon), y compris les processeurs de la série M pour Mac et de la série A pour iPhone.
- Expertise : Originaire de Haïfa, il est diplômé du Technion et a rejoint Apple en 2008 en provenance d’Intel et IBM.
- Influence : Considéré comme l’un des cadres les plus influents de la Silicon Valley, il est responsable des technologies matérielles qui alimentent les appareils d’Apple.
TIM COOK
“Merci à toutes les personnes folles, marginales, rebelles, anticonformistes, décalées, à celles et ceux qui voient les choses différemment”, écrit Tim Cook pour célébrer les cinquante ans d’Apple. Pour fêter ça, la firme à la pomme a sorti le grand jeu : concert d’Alicia Keys à New York, défilé de mode à Shanghai, ode à la French touch à Paris avec Pedro Winter ou Cassius. Sans oublier le suspense sur le cadeau qu’Apple devrait faire à ses utilisateurs.
Les débuts relèvent de la légende. “Deux étudiants qui avaient lâché leurs études, Steve Wozniak et Steve Jobs, et un ami, Ronald G. Wayne, ont créé le jour des poissons d’avril 1976, une entreprise depuis le garage des parents de Jobs à Los Altos”, en Californie, campe The Harvard Gazette.
“Pour la modique somme de 666,66 dollars” on pouvait alors se procurer l’un des 200 premiers Apple-1, “composé d’un seul circuit imprimé équipé d’un processeur 8 bits et de 4K de RAM [la mémoire vive] – l’écran, le clavier et l’alimentation électrique étant vendus à part”, poursuit le quotidien de la prestigieuse université.
La récente acquisition du start-up israélien q-ai, évaluée à environ 2 milliards de dollars, illustre cette dynamique. « Nous sommes très heureux de cette acquisition. Le fondateur, Aviad Meisels, a construit une entreprise remarquable, et nous sommes convaincus que nous entendrons parler de leur technologie dans le futur. Cette équipe possède un potentiel élevé », a ajouté Friedman. La société sera intégrée aux centres de R&D d’Apple en Israël.
Les équipes locales participent également à des développements clés comme le modem cellulaire C1, les technologies de connectivité N1 utilisées dans l’iPhone 17, ainsi que des fonctions avancées pour les caméras et la reconnaissance faciale –Face ID-, la vidéo cinématique et la photographie en basse lumière. Les innovations israéliennes interviennent aussi dans les AirPods, avec la mesure du pouls et des fonctionnalités destinées aux personnes malentendantes, ainsi que dans le stockage grâce aux acquisitions précédentes comme Anobit.
Friedman a enfin abordé l’intelligence artificielle, précisant que « Apple veut que le AI soit intégré de façon fluide aux systèmes d’exploitation, et non comme un outil indépendant. Les équipes israéliennes travaillent depuis des années à optimiser l’exécution de l’AI directement sur l’appareil, via le GPU, le CPU et le système de mémoire d’Apple ».
Avec des centres à Jérusalem, Herzliya et Haïfa, Israël s’affirme comme un pilier stratégique de l’innovation pour Apple, tant sur le plan matériel que logiciel, et joue un rôle crucial dans la conception des technologies qui équipent ses produits phares.
Johny Srouji : « Nous ne faisons pas de paris, nous prenons des risques calculés »
Félix Cattafesta
Le Vice-Président des technologies hardware d’Apple Johny Srouji était récemment de passage en Israël : il en a profité pour accorder une interview au journal financier local Globe. Cet entretien a été l’occasion de revenir sur l’importance du pays dans la stratégie d’Apple et sur la conception de certaines puces Apple Silicon.

On y apprend notamment que les équipes israéliennes d’Apple ont joué un rôle central dans le développement des puces M1 Pro et M1 Max. « Ces puces ont été construites ici en Israël tout en travaillant avec d’autres équipes dans le monde entier, y compris au siège de Cupertino », explique Johny Srouji. C’est là-bas qu’a également été effectuée l’intégration avec les apps et que s’est déroulé le processus de vérification. « L’équipe israélienne a touché à tous les points et a été essentielle pour nous », précise le cadre.
Le vice-président insiste sur le fait que les équipes en dehors de Cupertino ne sont pas exclues des grands programmes et ne font pas office de cinquième roue du carrosse. « La R&D d’Apple fonctionne en partant du principe que chaque ingénieur et cadre a accès à toutes les informations nécessaires à la réussite de son rôle dans l’ensemble du projet. Et cela ne fait aucune différence que vous travailliez en Israël ou ailleurs dans le monde. ». Il explique notamment qu’il fait en sorte de tenir au courant le plus possible les équipes israéliennes, et que celles-ci sont informées de la trajectoire à suivre pour les années à venir.
Globe rappelle que le Vice-Président des technologies hardware d’Apple a beaucoup de responsabilités sur ses épaules, ce que l’on a pu voir avec le lancement de la puce M1. Cet audacieux pari aurait pu tourner à la catastrophe, mais Johny Srouji affirme ne pas vouloir travailler sur des projets faciles.
Si vous me le permettez, nous n’avons pas fait un pari. Nous ne faisons pas de paris, nous prenons des risques mesurés. C’était un risque stratégique, mais nous voulions sortir un bon produit. Nous savions que ce processus prendrait du temps, mais nous ne sommes pas partis de zéro – après tout, il y avait notre puce de téléphone, que nous avons commencé à construire il y a 14 ans.

Un autre défi pour les SoC Apple Silicon est qu’il ne faut pas seulement créer une puce, il faut aussi l’intégrer aux Mac et à macOS. Les trois doivent ensuite fonctionner ensemble, ce qui est « unique pour une entreprise comme Apple » selon le cadre.
Comme de nombreux autres géants de la tech, Apple dispose d’une forte présence en Israël : le pays met le paquet sur la recherche et le développement et est un haut lieu de l’industrie des semi-conducteurs. Srouji précise par exemple que le centre de développement de Rawab est passé de 5 employés en 2018 à plus de 60 aujourd’hui. Il a annoncé récemment qu’Apple allait « continuer à investir dans le développement de notre centre d’ingénierie dans la région ».
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