Complexification des routes, flambée du kérosène… Alors que les hubs du Golfe, incontournables pour relier l’Occident et l’Orient, sont à l’arrêt, le secteur s’enfonce dans la crise.
Sur l’échelle des grandes perturbations qui auront percuté le transport aérien au cours de son histoire, la guerre au Moyen-Orient de 2026 devrait jouer les premiers rôles.
C’est en tout cas une figure du secteur qui le dit : Willie Walsh, directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA). « Je comparerais [la situation actuelle] aux crises que nous avons connues après les événements tragiques du 11-Septembre, qui ont affecté le trafic transatlantique, ou à la crise financière mondiale de 2008 », expliquait M. Walsh le 20 mars, lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace.
Un niveau critique, donc, mais qui place le conflit du moment derrière le confinement planétaire qui a accompagné la pandémie de Covid-19 au printemps 2020, où la quasi-totalité du transport aérien mondial était à l’arrêt.
Cette crise du secteur n’en reste pas moins majeure, d’autant plus qu’elle est multiforme : organisationnelle, géopolitique et économique.
Avec l’arrêt des hubs du Golfe, un rouage-clé de la mondialisation aérienne est bloqué.
Le samedi 28 février 2026 aurait pu être un jour comme un autre à l’aéroport international de Dubaï. Quelque 634 départs étaient programmés dans le premier hub mondial pour les passagers internationaux. Mais rien ne s’est déroulé comme prévu, car, peu après 8 heures, heure locale, Américains et Israéliens ont frappé l’Iran.
Conséquence immédiate : seulement 241 avions ont quitté l’aéroport ce samedi-là. Le lendemain, dimanche 1er mars, ce chiffre est tombé à zéro ; les 604 décollages prévus ont été annulés. Depuis, le niveau s’est stabilisé à un peu plus de 200 départs quotidiens, trois fois moins qu’avant la guerre. A Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis, le choc est similaire. Il est encore pire à Doha, au Qatar, où le trafic actuel ne représente que 14 % de celui d’avant-guerre.
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