Place forte des affaires, terre d’expatriation et haut lieu du tourisme, Dubaï a patiemment forgé son image de stabilité et de prospérité. Mais celle qui se voyait comme une oasis dans le Golfe ne peut plus ignorer la guerre à ses portes : l’émirat n’est pas préparé pour faire face à un conflit régional et à la fuite des capitaux.
Le 2 mars, le président des Émirats arabes unis, le cheikh Mohammed ben Zayed, arpentait les allées du Dubai Mall, le centre commercial tentaculaire de Dubaï, afin d’en rassurer les clients : ils n’avaient rien à craindre. Depuis plusieurs jours, des missiles et des drones iraniens s’abattaient sur la rutilante cité, causant la fermeture de l’aéroport, endommageant le célèbre hôtel Burj Al-Arab et le port en eau profonde de Dubaï, faisant aussi plusieurs victimes à travers les Émirats.
Le cheikh Mohammed y a serré des mains d’enfants et emprunté les escaliers roulants bondés du centre commercial. “Vous êtes content ?” s’est-il enquis auprès d’un client venu faire des achats depuis le Ghana. “Très”, a répondu celui-ci. “Tout va bien aux Émirats arabes unis”, réaffirmait le cheikh Mohammed lors d’une apparition publique quelques jours plus tard. Sauf que voilà, c’est tout le contraire.
Dubaï est devenu l’un des centres financiers les plus vastes, les plus prospères et les plus tape-à-l’œil du globe sur une idée toute simple : quoique située dans une région instable, la ville se présentait comme imperméable aux conflits, comme un havre de stabilité épargné par les guerres, la corruption et les crises qui faisaient rage alentour. Son succès a fait des émules dans la région, notammen
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