La place d’Israël est une place du 17e arrondissement de Paris, située dans le quartier de la Plaine Monceau. Elle est caractérisée par deux beaux exemples de l’architecture Art-Déco, l’hôtel Mercedes à l’angle de la rue Brémontier (1928) et l’immeuble d’habitation du 1 rue Alphonse-de-Neuville (1937).

Situation et accès

La place d’Israël est située sur l’avenue de Wagram, à mi-chemin entre la place du Brésil et la place Wagram. Elle correspond à l’intersection de l’avenue de Wagram et des rues Ampère, Brémontier et Alphonse-de-Neuville. Elle est desservie par la ligne 3 du métro, à la station Wagram ou Pereire, ainsi que par la ligne C du RER (gare de Pereire-Levallois).

Du fait de la dénomination tardive (1960), aucun bâtiment n’a d’adresse place d’Israël.

Origine du nom

Cette place ne portait pas de dénomination avant 1960, date à laquelle on lui attribua le nom d’Israël. La dénomination a été proposée au conseil municipal de la Ville de Paris en juillet 1959 en soulignant que « la Ville de Paris honore les grandes nations du monde entier en attribuant leur nom à l’une de ses voies publiques mais que l’État d’Israël n’a pas encore reçu cet hommage », alors que « cet État donne chaque jour, malgré les attaques et persécutions dont il est l’objet, un exemple de dignité, de courage et d’ardeur qui fait l’admiration des peuples libres ». Plusieurs places du quartier de la Plaine Monceau portaient déjà un nom de pays (places du Brésil, de la République Dominicaine, du Guatemala). Plus prosaïquement, ce choix était justifié par la proximité de l’ambassade d’Israël, située à l’époque au 143, avenue de Wagram (l’ambassade d’Israël a ensuite déménagé dans le 8e arrondissement de Paris en 1973. Cette dénomination devint officielle par un arrêté du Préfet de la Seine en date du 3 février 1960.

On peut noter que l’attribution de cette dénomination coïncide avec une période de réchauffement diplomatique des relations entre la France et Israël, après la crise de Suez en 1956. C’est en 1959 qu’a eu lieu le voyage officiel de Golda Meir en France.

Dans le même temps, à Jérusalem, une place a été baptisée Place de France (France Square ou Kikar Tzarfat) en 1959, couramment appelée aussi Place de Paris (Paris Square, hébreu : כיכר פריז, Kikar Pariz).

Dans les premiers jours de , dès la nouvelle des premiers engagements entre Israël et les pays arabes (guerre des Six Jours[7]), la place d’Israël et l’ambassade d’Israël, alors toute proche avenue de Wagram, devinrent « le lieu de rassemblement de tous ceux, candidats au départ ou non, qui veulent manifester leur solidarité à l’égard de l’État hébreu ». Le très fort élan de solidarité qui se manifeste alors pour l’État hébreu, à la hauteur de l’angoisse de le voir disparaître, constitue un vrai tournant pour le judaïsme français, jusque là plutôt discret dans l’affichage de ses opinons politiques.

Historique

Le secteur de la place d’Israël n’a été urbanisé qu’à partir des années 1860, sous le Second Empire, après l’annexion par la Ville de Paris de l’ancienne commune de Batignolles-Monceaux qui donnera naissance au nouveau quartier de la Plaine Monceau. L’avenue de Wagram ainsi que les rues Ampère, Brémontier (qui comprenait alors l’actuelle rue Alphonse-de-Neuville) ont été ouvertes en 1862 par les frères Pereire lors du lotissement de la Plaine Monceau. Ce secteur, peu bâti, était alors surtout constitué de cultures maraîchères, d’entrepôts et de terrains vagues. Les places du Brésil et de Wagram furent les premières à être construites avec une belle architecture ordonnancée de façades identiques. Dans le reste du quartier, les constructions ne commenceront véritablement qu’à partir de 1875, après la phase de bornage et d’expropriation des parcelles.

Ce nouveau quartier à la mode attira alors dans les années 1880 toute une société de bourgeoisie fortunée et d’artistes reconnus qui s’installèrent dans de nouveaux hôtels particuliers, construits dans le style éclectique alors en vogue. Les hôtels les plus prestigieux seront construits dans l’avenue de Wagram alors que les rues environnantes se peuplèrent d’hôtels particuliers plus modestes.

La place d’Israël offre aujourd’hui un petit panorama de l’architecture parisienne des XIXe et XXe siècles. Le petit immeuble de trois étages, au coin de l’avenue de Wagram et de la rue Ampère, qui date des années 1880, est le plus ancien de la place et a étrangement survécu aux opérations immobilières des années 1960 et 1970. Les immeubles à l’angle des rues Brémontier et Ampère avec l’avenue de Wagram constituent des exemples typiques du style haussmannien des années 1890: l’immeuble triangulaire formant l’intersection de la rue Brémontier et de la rue Ampère est particulièrement remarquable pour son effet de symétrie dans l’alignement des façades. De manière plus rare, la place présente ensuite deux beaux exemples du style Art Déco: l’hôtel Mercedes (1928) au 128 avenue de Wagram, représentatif du style « paquebot » de l’architecte Pierre Patout, et l’immeuble résidentiel du 1 rue Alphonse-de-Neuville (1937), avec bow-windows et discrets ornements de fleurs ciselées. Enfin, l’immeuble qui forme l’angle de la rue Alphonse-de-Neuville avec l’avenue de Wagram, illustre le style des « immeubles de standing » des années 1970, avec ces inévitables balcons en verre fumé qui enchantèrent tant les architectes de cette époque.

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