En exerçant des pressions sur les membres de familles restés en Iran, les services secrets iraniens parviennent à s’infiltrer jusqu’en Allemagne et font des Iraniens en exil leurs complices involontaires. WELT a reconstitué un cas et réussi à identifier l’agent impliqué.

Depuis son appartement de Weimar, Javid Navari sait exactement à qui il a affaire dès qu’il commence à recevoir des messages WhatsApp sur son portable.

« J’ai parlé à ton oncle hier », lui écrit un numéro inconnu assorti d’un indicatif iranien.

Ce numéro appartient à un homme qui se fait appeler « Mahdi » et qui n’a pas besoin de se présenter davantage. Navari comprend immédiatement : il s’agit d’un agent du ministère iranien des Renseignements. Ce qu’il veut, ce sont des informations provenant d’Allemagne.

« Mahdi » tend un piège à Navari. Il veut le contraindre à lui transmettre des informations confidentielles. Il s’agit là d’une machination que de nombreux Iraniens en exil connaissent désormais parfaitement. L’État iranien tente en effet, de manière de plus en plus agressive, d’intimider des opposants présumés vivant à l’étranger et de recruter des agents.

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