Humains à louer pour l’IA : quand la fiction devient réalité


Lancé début février, le site RentAHuman.ai propose de louer son corps – ou une partie de celui-ci – à des agents IA pour accomplir des missions physiques.

i24NEWS
i24NEWS
Image d'illustration
Image d’illustrationScreenshot/ i24NEWS

C’est un scénario digne de Black Mirror. Pourtant, il ne s’agit pas d’une série Netflix mais d’un site bien réel, lancé le 2 février dernier : RentAHuman.ai. Son concept ? Permettre à des intelligences artificielles de « louer » des humains pour accomplir des tâches physiques dans le monde réel.

Le slogan donne le ton : « Les robots ont besoin de votre corps. L’IA ne peut pas toucher le monde réel. Vous si. Soyez payé quand les agents ont besoin de quelqu’un dans le monde réel. » Derrière cette promesse, une plateforme qui ressemble à un site classique de petites annonces. D’un côté, des missions. De l’autre, des humains prêts à monnayer leur présence.

Video poster
Humain à louer

La rémunération varie de quelques dollars à une centaine – environ 85 euros – pour « louer » un bras, un visage, une voix, ou simplement une présence. Les missions sont parfois anodines : vérifier si un hôtel est bruyant, tester un restaurant, prendre une photo à un endroit précis, récupérer un colis ou encore dialoguer avec une administration qui refuse d’interagir avec une voix synthétique.

Concrètement, lorsqu’un agent d’intelligence artificielle – comme Claude ou MoltBot – doit accomplir une tâche nécessitant une présence physique, il peut sélectionner un profil, réserver et payer un humain via la plateforme. Les utilisateurs créent un profil, indiquent leur localisation, leurs compétences et fixent leur tarif. Les IA, elles, recrutent directement ou publient une « prime à la mission ».


Le site revendique déjà 11 450 missions disponibles et plus de 505 000 humains inscrits. En deux semaines seulement, près de 4,8 millions de visiteurs s’y seraient connectés.

Derrière l’innovation se posent des questions vertigineuses : jusqu’où sommes-nous prêts à louer notre corps à des algorithmes ? La frontière entre assistance technologique et instrumentalisation humaine n’a jamais semblé aussi fine.

Cet article a reçu 2 commentaires

Commentaires

Partager :