Radio J. Israël et Mohammed ben Salmane. « Le Prince Héritier compte t-il sur le hightech israélien pour construire le futur du Royaume? »

Par |2026-03-08T09:15:46+01:008 Mar 2026|Catégories : A LA UNE|

RADIO J. Demain lundi à 7h05 en direct. La chronique hightech de Daniel Rouach.

« Israël et Mohammed ben Salmane (MBS), une approche « tech-first ».

Avec sa Vision 2030 pour l’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane (MBS) souhaite faire passer la capitale Riyad à 15 millions d’habitants.

Mais MBS, face a des difficultés énormes, a quasi-abandonné son méga projet de Neom. Mais les investissements restent colossaux.

Les israéliens rêvent toujours de participer au rêve de Mohammed ben Salmane pour transformer l’Arabie Saoudite en « Silicon Valley ».

Mohammed ben Salmane (MBS) adopte une approche pragmatique, rapprochant l’Arabie saoudite d’une normalisation avec Israël tout en conditionnant cet accord à des avancées concrètes pour la question palestinienne. Le prince héritier pousse pour une solution à deux États et un accord de sécurité global avec les États-Unis.

MBS cherche à diversifier l’économie de son royaume via le plan « Vision 2030 », voyant dans la tech israélienne un partenaire stratégique malgré l’absence de relations officielles. Des investissements et coopérations sont envisagés dans l’IA et les hautes technologies,.
Points clés de la relation MBS-Tech Israélienne :
  • Intérêt Stratégique : Dans le cadre de la diversification économique (Vision 2030), MBS s’intéresse de près à l’écosystème technologique avancé d’Israël.
  • Coopération Tech : Des discussions et projets de coopération ont émergé, notamment dans les secteurs de l’intelligence artificielle (IA), de la cybersécurité et des technologies agricoles, bien que souvent menés de manière discrète.
  • Contexte Géopolitique : Bien que l’Arabie saoudite ne soit pas signataire des Accords d’Abraham, MBS a reconnu en 2018 le droit d’Israël à l’existence, ouvrant la voie à des rapprochements pragmatiques.
  • Investissements : Des fonds souverains saoudiens ont été liés à des investissements indirects dans des startups israéliennes, souvent via des intermédiaires américains ou des fonds d’investissement basés dans le Golfe.
Cette dynamique illustre une approche « tech-first » pour contourner les blocages diplomatiques traditionnels.
Points clés à connaître :
  • Normalisation conditionnelle : MBS a affirmé que les deux pays se rapprochent quotidiennement.
  • Pression sur Israël : MBS utilise les négociations pour pousser Washington à faire pression sur Israël concernant la création d’un État palestinien.
  • Contexte régional : Malgré les tensions, une forme de coopération sécuritaire est envisagée face à l’Iran.
Le prince héritier cherche à équilibrer les intérêts économiques et de sécurité de l’Arabie saoudite avec son rôle de leader dans le monde musulman.

LE PLUS. « Trump envoie un message fort à la Chine » : les enjeux de la guerre en Iran décryptés par Fabrice Balanche

Géopolitique. Etats-Unis, Israël, Iran, Arabie saoudite, Chine, Russie… Le spécialiste du Moyen-Orient analyse les stratégies des différents protagonistes et estime que la démonstration de force américaine « paye déjà ses fruits ».

Propos recueillis par Baptiste Gauthey et Thomas Mahler
Donald Trump à la Maison-Blanche, le 3 mars 2026.

Donald Trump à la Maison-Blanche

Maître de conférences en géographie à l’université Lyon-2 et arabisant, Fabrice Balanche est un spécialiste de la géopolitique au Moyen-Orient. Pour L’Express, il analyse les dessous de la grande reconfiguration à l’œuvre dans la région. Alors qu’Israël cherche à faire un « grand ménage » face à l’Iran et au Hezbollah, les Etats-Unis veulent selon lui reprendre la main sur le Moyen-Orient face à leur grand rival chinois, une démonstration de force qui paye déjà ses fruits par rapport aux pays du Golfe. En revanche, le régime iranien poursuit à ses yeux une stratégie aussi irréaliste que suicidaire en semant le chaos au Moyen-Orient et en surestimant ses soutiens chinois, russes ou musulmans, alors que l’intégrité territoriale du pays est aujourd’hui en jeu…

L’Express : Israël et les Etats-Unis ont un objectif affiché similaire, abattre le régime iranien, mais n’ont-ils pas des motivations et des enjeux différents dans cette guerre ?

Fabrice Balanche : En abattant le régime iranien, Israël se débarrasserait définitivement de la menace nucléaire et balistique iranienne, comme du financement de ses proxys au Moyen-Orient (Hezbollah, Hamas…).

C’est l’objectif de Netanyahou comme de l’État profond israélien. Pour Donald Trump, l’Iran, quoi qu’il en dise, n’est pas une menace directe pour les Etats-Unis.

Difficile de croire qu’un missile iranien puisse frapper le sol américain. Ça fait partie de la propagande pour convaincre le citoyen américain.

Mais les Etats-Unis veulent eux aussi empêcher l’Iran d’avoir un programme nucléaire et balistique.

Contrairement aux Israéliens, la population américaine est plutôt opposée à cette guerre. Et Trump doit tenir compte des pétromonarchies du Golfe, qui ont acheté leur sécurité à un prix élevé. Lors de sa tournée au printemps 2025 en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis (EAU) et au Qatar, le président américain a récolté 1 000 milliards de dollars d’investissement, en échange de leur protection.

Partager :

Partager cet article, Choisissez votre plateforme !

Laisser un commentaire

Aller en haut