Les prix du gaz en Europe ont presque doublé depuis les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, et les capitales de l’UE s’efforcent de rassurer leurs citoyens en leur affirmant qu’elles maîtrisent la situation.
Le gaz se négocie à plus de 58 euros par mégawattheure sur le hub TTF de l’UE après que l’Iran a déclaré hier soir qu’il « brûlerait » tout navire tentant de traverser le détroit d’Ormuz, un point névralgique du commerce mondial de l’énergie. Une semaine auparavant, la même quantité de gaz se vendait 31 euros par MWh.
Dans toute l’Europe, qui reçoit près de la moitié de son gaz sous forme de cargaisons de GNL super-refroidi, les capitales nationales en sont réduites à répéter les mantras prononcés lors des récentes crises des prix de l’énergie : « aucune pénurie n’est imminente », « nous surveillons la situation » et « les équipes de crise » se réunissent régulièrement.
La France a créé une « cellule de crise qui se réunit une fois par jour », a déclaré mardi matin le ministre de l’Énergie, Roland Lescure. De même, l’Allemagne « a réactivé ses mécanismes de crise », a déclaré un porte-parole du ministère.
À Berlin, les responsables de l’énergie devraient se réunir quotidiennement pour suivre la situation. Le Qatar, dont la plus grande installation de GNL a été fermée par une attaque de drone iranien, est effectivement empêché d’envoyer du GNL sur les marchés mondiaux, où il fournit normalement un cinquième du volume total.
Le groupe de travail allemand réunit le régulateur du marché de l’énergie BNetzA, le bureau du chancelier, les services secrets et le ministère des Affaires étrangères. L’industrie est également impliquée, a ajouté le porte-parole.
La France fait participer sa banque centrale aux discussions sur la crise, tout en collaborant avec les industries touchées.
Mauvais moment pour être expert en pétrole
À Bruxelles, les experts en énergie des ambassades de l’UE sont informés de l’évolution du marché. Les experts nationaux en approvisionnement gazier se réunissent en ligne mercredi matin, tandis que les experts du marché pétrolier, qui tiennent normalement des réunions annuelles tranquilles, se réunissent pour la deuxième fois en une semaine, un groupe de travail sur l’énergie devant se réunir jeudi.
Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, devait déjà se rendre à Bruxelles vendredi pour discuter d’une proposition de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, visant à réformer la conception du marché de l’électricité de l’Union.
Au lieu de cela, l’économiste turc spécialisé dans l’énergie sera invité à informer les bureaucrates de l’Union européenne de l’état des marchés mondiaux, a suggéré un responsable, rappelant la mission initiale d’une agence intergouvernementale créée en réponse aux crises pétrolières majeures des années 1970.
Stefano Porciello a contribué à cet article.
EURACTIV
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