ISRAËLVALLEY, LA BOUSSOLE. Spécial France-Israël.
A. De nombreux Français sont bloqués au Moyen-Orient, où les espaces aériens de plusieurs pays ont été fermés en raison des frappes lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran et des représailles ordonnées par Téhéran.
B. Face à la guerre au Moyen-Orient, la France se tient prête à évacuer ses ressortissants « quand la situation le permettra », assure le gouvernement
C. Interrogée sur la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué samedi dans les bombardements israéliens et américains sur l’Iran, Maud Bregeon a estimé qu’« on ne peut que s’en satisfaire », car il était un « dictateur sanguinaire ». « Le mollah Khamenei (…) a opprimé son peuple, avili les femmes, les jeunes, les minorités, et il est encore récemment responsable de la mort de milliers de civils dans son pays et dans la région », a-t-elle rappelé.
Annoncée samedi par Donald Trump, la mort de l’ayatollah, à la tête de la République islamique depuis trente-six ans, a été confirmée tôt dimanche matin par la télévision d’Etat iranienne. Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont pris « un châtiment sévère » contre les responsables.
D. La France va-t-elle agir à son tour ? Depuis le lancement de frappes menées conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran samedi 28 février, la tension est extrême dans l’ensemble du Moyen-Orient. Koweït, Arabie saoudite, Qatar, Oman… De nombreux pays ont été visés par des tirs de riposte de Téhéran ces dernières heures. Au nord-est de la péninsule arabique, les Émirats arabes unis ont eux aussi été bombardés à plusieurs reprises. Avec une information concernant directement la France, ce dimanche : un site de l’armée française a été touché par des drones iraniens.
Un entrepôt de la base navale d’Al Salam, à Abou Dhabi, a en effet été endommagé par deux engins de la République islamique, comme confirmé dans l’après-midi par la ministre des Armées, Catherine Vautrin. « Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Émiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé
le port d’Abou Dhabi
« , a-t-elle indiqué sur son compte X. « Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n’est à déplorer. La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d’heure en heure.
«
E. Paris, Londres et Berlin prêts à des « actions défensives »
Samedi, quelques heures après le début de l’opération israélo-américaine, Emmanuel Macron avait indiqué que la France n’avait été « ni prévenue ni impliquée
» dans celle-ci. Dans un premier temps, le président de la République avait affiché une certaine distance face aux événements au Moyen-Orient, appelant à « cesser
» une « escalade dangereuse pour tous
« . Mais, après l’incident à Abou Dhabi et les frappes continues de l’Iran dans la région, le ton semble désormais s’être durci du côté de l’Élysée. « Tout cela nous conduit là aussi à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif et pouvoir adapter la posture à l’évolution des dernières heures, que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer
« , a lancé dimanche Emmanuel Macron lors d’un nouveau Conseil de défense.
Plus tard dans la soirée, un communiqué conjoint de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne a donné des précisions sur la position rapidement évoquée par le chef de l’État face à la presse. Les dirigeants des trois pays se disent prêts à des « actions défensives proportionnées
» dans l’optique de « détruire à la source la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones
« . Dans cette déclaration, Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz s’affichent « consternés
» par les tirs iraniens « à l’aveugle et disproportionnés
« , y compris contre des pays non impliqués dans les frappes menées par Israël et les États-Unis.
F. Une importante présence militaire dans la région.
La France est très présente dans la région. Elle dispose de bases à Djibouti, aux Émirats arabes unis – où sont stationnés 900 militaires français – ou encore en Jordanie. Des forces françaises sont aussi déployées en Irak pour lutter contre le terrorisme, tout comme au Liban et en mer Rouge, dans le cadre de coalitions internationales. Au total, 5000 militaires français sont déployés au Moyen-Orient. Mais ces troupes sont souvent situées à proximité de bases américaines… qui peuvent donc constituer des cibles potentielles pour l’armée iranienne.
Dans ce contexte, différentes options sont envisageables pour Paris afin de venir en aide à ses alliés, en particulier la Jordanie et les Émirats arabes unis. Que peut faire la France concrètement ? « Faire décoller des avions français pour aller intercepter des missiles qui visent ou des bases de la région ou Israël
« , répond Grégory Phillips, rédacteur en chef international à LCI, dans le sujet du 20H de TF1 à retrouver en tête de cet article. « C’est ça le travail qui peut être fait éventuellement par les armées européennes qui sont présentes dans la région. C’est une action défensive. On ne parle pas du tout, à ce stade en tout cas, d’action offensive contre l’Iran.
«
G. Un rapatriement organisé « lorsque la situation le permettra ».
D’après un bilan du ministère des Affaires étrangères arrêté au 31 décembre 2025, et qui prend en compte les inscrits au registre des Français établis hors de France, plus de 168.000 personnes de nationalité française sont actuellement présentes dans la région. Une partie se situe en Israël, visée à plusieurs reprises par des missiles iraniens : 75.000 Français y étaient présents l’an dernier.
Suivent ensuite les Français présents aux Émirats arabes unis (33.438), en Palestine (22.365), au Liban (19.682), en Arabie saoudite (6.353), au Qatar (5.724), en Jordanie (1.676) ou encore au Bahreïn (1.068). Quelques centaines de Français se trouvent également en Iran (901), au Koweït (828), à Oman (670), en Syrie (474), en Irak (318) et au Yémen (11). Soit un total de 168.508 inscrits au 31 décembre dernier.
Base navale touchée à Abou Dhabi : où se trouvent les forces françaises au Moyen-Orient ?
Ces données pourraient toutefois sous-estimer la présence française dans la région. Le décompte du Quai d’Orsay ne concerne pas les Français actuellement en vacances ou de passage au Moyen-Orient. Ce dimanche, la France s’est dite prête à évacuer ses ressortissants « lorsque la situation le permettra »
. De nombreuses compagnies aériennes présentes dans la région ont suspendu leurs vols pendant plusieurs jours.