ISRAËLVALLEY, LA BOUSSOLE. Spécial France-Israël.

Mise à jour 20h14. Israël Time.

A. «Le monde commence à comprendre que la cause de toutes ces instabilités, de tous les maux du Moyen-Orient, c’était l’Iran», a déclaré l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Laurent Zarka, ce lundi 2 mars sur CNEWS.

B. Le ministre des Affaires étrangères français a indiqué que 400 000 Français expatriés et touristes se trouvent actuellement dans les zones de conflit au Moyen-Orient.  Le président Emmanuel Macron appelle à l’arrêt de l’escalade et plaide pour des négociations pour garder la paix internationale.

C. Pétrole et gaz bondissent, les bourses dans le rouge. La guerre au Moyen-Orient fait grimper les hydrocarbures et des valeurs refuges en raison de l’évitement du détroit d’Ormuz par les principaux armateurs mondiaux. Les bourses mondiales cèdent du terrain, sans toutefois paniquer pour le moment.

D. La Bourse de Paris a terminé en forte baisse lundi sur fond de guerre au Moyen-Orient, emportée par la crainte de nouvelles poussées inflationnistes en raison de la flambée des prix de l’énergie et de la dégringolade des valeurs liées au tourisme et au transport aérien.

Le CAC 40 a terminé en nette baisse de 2,17%, soit une perte de 186,43 points, pour s’établir à 8.394,32 points. Vendredi, l’indice parisien avait cédé 0,47%.

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FREDERIC JOURNES.

1. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré lundi que « la France et l’Europe » sont « prêtes à jouer un rôle majeur » pour ramener « la sécurité et la stabilité » dans la région.

2. L’ambassadeur de France en Israël, Frédéric Journès, a appelé les ressortissants français à suivre strictement les consignes du Commandement du front intérieur, alors que la situation sécuritaire reste tendue. « La priorité, c’est votre sécurité. Même si cela peut être impressionnant ou contraignant, il faut respecter les instructions et se rendre dans les abris lorsque les sirènes retentissent », a-t-il insisté.

Concernant d’éventuelles options de rapatriement vers la France, l’ambassadeur a indiqué que les autorités françaises travaillaient « au plus haut niveau » afin de définir les solutions qui pourraient être proposées aux Français souhaitant quitter le pays. Il a précisé que des annonces plus détaillées interviendraient dès que les dispositifs seraient finalisés.

Dans l’immédiat, il invite tous les Français de passage à s’inscrire sur la plateforme « Fil d’Ariane », accessible en ligne, afin de permettre aux services consulaires de disposer de leurs coordonnées et de les contacter individuellement lorsque des solutions de départ seront mises en place.

Un numéro d’urgence a également été activé pour les Français en Israël : le 03 766 17 17. Le consulat général de France à Tel-Aviv, situé à la tour Sonol, reste ouvert pour les situations urgentes, de 10h à 14h en semaine et de 10h à 12h30 le vendredi.

L’ambassadeur a assuré que les services consulaires, en coordination avec des associations locales, se mobilisaient pour venir en aide aux personnes les plus vulnérables, notamment sur le plan économique, en attendant d’éventuelles solutions de sortie du territoire.

3. Situation en Iran et au Moyen-Orient. Elysée.

  • Paris, Londres et Berlin prêts à des actions défensives. La France est « prête » à « participer » à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l’Iran, « conformément aux accords qui la lient à ses partenaires et au principe de légitime défense collective ».
  • Conseil de défense à l’Élysée lundi à 20h15. Pour le troisième jour consécutif, Emmanuel Macron a convoqué un conseil de défense et de sécurité nationale ce lundi soir à 20h15 sur la situation en Iran et au Moyen-Orient, a annoncé l’Élysée.

A. De nombreux Français sont bloqués au Moyen-Orient, où les espaces aériens de plusieurs pays ont été fermés en raison des frappes lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran et des représailles ordonnées par Téhéran.

Le ministère français des Affaires étrangères avait prévenu avant la guerre « qu’une fermeture de l’espace aérien ne peut être exclue. En conséquence, des annulations ou des reports de vols pourraient survenir et se prolonger plusieurs jours, compliquant d’éventuels retours ».

Quai d’Orsay : « Les Français déjà présents en Israël sont invités à s’inscrire sur le dispositif Fil d’Ariane, à faire preuve d’une vigilance accrue, à éviter tout rassemblement et à identifier les abris disponibles en cas d’alerte, en suivant strictement les consignes des autorités locales ».

B. Face à la guerre au Moyen-Orient, la France se tient prête à évacuer ses ressortissants « quand la situation le permettra », assure le gouvernement

C. Interrogée sur la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué samedi dans les bombardements israéliens et américains sur l’Iran, Maud Bregeon a estimé qu’« on ne peut que s’en satisfaire », car il était un « dictateur sanguinaire ». « Le mollah Khamenei (…) a opprimé son peuple, avili les femmes, les jeunes, les minorités, et il est encore récemment responsable de la mort de milliers de civils dans son pays et dans la région », a-t-elle rappelé.

Annoncée samedi par Donald Trump, la mort de l’ayatollah, à la tête de la République islamique depuis trente-six ans, a été confirmée tôt dimanche matin par la télévision d’Etat iranienne. Les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, ont pris « un châtiment sévère » contre les responsables.

D. La France va-t-elle agir à son tour ? Depuis le lancement de frappes menées conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran samedi 28 février, la tension est extrême dans l’ensemble du Moyen-Orient. Koweït, Arabie saoudite, Qatar, Oman… De nombreux pays ont été visés par des tirs de riposte de Téhéran ces dernières heures. Au nord-est de la péninsule arabique, les Émirats arabes unis ont eux aussi été bombardés à plusieurs reprises. Avec une information concernant directement la France, ce dimanche : un site de l’armée française a été touché par des drones iraniens.

Un entrepôt de la base navale d’Al Salam, à Abou Dhabi, a en effet été endommagé par deux engins de la République islamique, comme confirmé dans l’après-midi par la ministre des Armées, Catherine Vautrin. « Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Émiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d’Abou Dhabi« , a-t-elle indiqué sur son compte X. « Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n’est à déplorer. La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d’heure en heure.« 

E. Paris, Londres et Berlin prêts à des « actions défensives »

Samedi, quelques heures après le début de l’opération israélo-américaine, Emmanuel Macron avait indiqué que la France n’avait été « ni prévenue ni impliquée » dans celle-ci. Dans un premier temps, le président de la République avait affiché une certaine distance face aux événements au Moyen-Orient, appelant à « cesser » une « escalade dangereuse pour tous« . Mais, après l’incident à Abou Dhabi et les frappes continues de l’Iran dans la région, le ton semble désormais s’être durci du côté de l’Élysée. « Tout cela nous conduit là aussi à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif et pouvoir adapter la posture à l’évolution des dernières heures, que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer« , a lancé dimanche Emmanuel Macron lors d’un nouveau Conseil de défense.

Plus tard dans la soirée, un communiqué conjoint de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne a donné des précisions sur la position rapidement évoquée par le chef de l’État face à la presse. Les dirigeants des trois pays se disent prêts à des « actions défensives proportionnées » dans l’optique de « détruire à la source la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones« . Dans cette déclaration, Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz s’affichent « consternés » par les tirs iraniens « à l’aveugle et disproportionnés« , y compris contre des pays non impliqués dans les frappes menées par Israël et les États-Unis.

F. Une importante présence militaire dans la région.

La France est très présente dans la région. Elle dispose de bases à Djibouti, aux Émirats arabes unis –  où sont stationnés 900 militaires français – ou encore en Jordanie. Des forces françaises sont aussi déployées en Irak pour lutter contre le terrorisme, tout comme au Liban et en mer Rouge, dans le cadre de coalitions internationales. Au total, 5000 militaires français sont déployés au Moyen-Orient. Mais ces troupes sont souvent situées à proximité de bases américaines… qui peuvent donc constituer des cibles potentielles pour l’armée iranienne.

Dans ce contexte, différentes options sont envisageables pour Paris afin de venir en aide à ses alliés, en particulier la Jordanie et les Émirats arabes unis. Que peut faire la France concrètement ? « Faire décoller des avions français pour aller intercepter des missiles qui visent ou des bases de la région ou Israël« , répond Grégory Phillips, rédacteur en chef international à LCI, dans le sujet du 20H de TF1 à retrouver en tête de cet article. « C’est ça le travail qui peut être fait éventuellement par les armées européennes qui sont présentes dans la région. C’est une action défensive. On ne parle pas du tout, à ce stade en tout cas, d’action offensive contre l’Iran.« 

G. Un rapatriement organisé « lorsque la situation le permettra ».

D’après un bilan du ministère des Affaires étrangères arrêté au 31 décembre 2025, et qui prend en compte les inscrits au registre des Français établis hors de France, plus de 168.000 personnes de nationalité française sont actuellement présentes dans la région. Une partie se situe en Israël, visée à plusieurs reprises par des missiles iraniens : 75.000 Français y étaient présents l’an dernier.

Suivent ensuite les Français présents aux Émirats arabes unis (33.438), en Palestine (22.365), au Liban (19.682), en Arabie saoudite (6.353), au Qatar (5.724), en Jordanie (1.676) ou encore au Bahreïn (1.068). Quelques centaines de Français se trouvent également en Iran (901), au Koweït (828), à Oman (670), en Syrie (474), en Irak (318) et au Yémen (11). Soit un total de 168.508 inscrits au 31 décembre dernier.

Base navale touchée à Abou Dhabi : où se trouvent les forces françaises au Moyen-Orient ?

Ces données pourraient toutefois sous-estimer la présence française dans la région. Le décompte du Quai d’Orsay ne concerne pas les Français actuellement en vacances ou de passage au Moyen-Orient. Ce dimanche, la France s’est dite prête à évacuer ses ressortissants « lorsque la situation le permettra ». De nombreuses compagnies aériennes présentes dans la région ont suspendu leurs vols pendant plusieurs jours.

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