Ali Larijani est président de l’Assemblée consultative islamique d’Iran de 2008 à 2020. Avec la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, confirmée par la télévision d’État iranienne à la suite des frappes conjointes américano-israéliennes du 28 février 2026, un nom s’impose désormais au cœur de la transition politique en Iran : Ali Larijani.
Larijani est l’une des figures les plus expérimentées de la République islamique. Ancien commandant des Gardiens de la révolution, il avait été nommé en 2005 négociateur en chef de l’Iran sur le dossier nucléaire, conduisant les pourparlers avec les grandes puissances occidentales dans le groupe dit “5+1”. Pragmatique mais intransigeant sur le droit de l’Iran à enrichir de l’uranium, il avait démissionné de ce poste en 2007, en raison de divergences avec le président Ahmadinejad sur la stratégie à adopter. Il avait ensuite présidé le Parlement iranien pendant dix ans, de 2008 à 2020. Il dirige actuellement le Conseil suprême de la sécurité nationale et jouit, selon le New York Times, de la pleine confiance de Khamenei.
Bien avant les frappes, son rôle avait déjà évolué vers celui d’un véritable homme fort du régime. Dès le mois de janvier, face aux menaces croissantes de Washington et aux tensions internes, Larijani avait pris en charge les affaires politiques et sécuritaires sensibles, reléguant au second plan le président élu Masoud Pezeshkian. Il supervisait notamment la répression des manifestations, la diplomatie nucléaire avec Washington, et la coordination avec les alliés régionaux tels que la Russie, le Qatar et Oman. Avant le début des frappes, Khamenei avait par ailleurs autorisé un cercle restreint de proches politiques et militaires à prendre des décisions en cas d’élimination ou d’incapacité, désignant quatre niveaux de succession pour les postes clés.
Biographie
Famille
Ali Larijani est le fils de l’ayatollah Hashem Amoli et le frère de Sadeq Larijani, un clerc, membre du Conseil des gardiens à deux reprises, chef du système judiciaire iranien de 2009 à 2019 et président du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime depuis fin 2018, de Mohammad-Javad Larijani et Fazel Larijani, attaché culturel iranien à Ottawa. Il est aussi le gendre de l’ayatollah Morteza Motahhari et un cousin d’Ahmad Tavakkoli.
Études
Ali Larijani est titulaire d’un doctorat et d’un master en philosophie occidentale de l’université de Téhéran et a obtenu son baccalauréat universitaire en informatique et en mathématiques avec la mention summa cum laude à l’université de technologie de Sharif.
Carrière politique.
Débuts
En 1992, Ali Larijani est nommé ministre de la Culture et de l’Orientation islamique sous le président Rafsandjani, succédant à Mohammad Khatami qui était démissionnaire.
Entre 1994 et 2004, il dirige l’Islamic Republic of Iran Broadcasting (IRIB), l’agence de radio-télévision publique, sur nomination du Guide suprême.
Candidat à l’élection présidentielle de 2005.
Larijani est candidat à la présidence lors de l’élection présidentielle de 2005. Il se classe sixième, avec 5,83 % des votes.
Larijani est considéré comme le candidat le plus important de l’alliance des conservateurs pour l’élection présidentielle de 2005. Il est soutenu par la Société islamique des ingénieurs, entre autres groupes conservateurs et est désigné comme le choix final du Conseil pour la coordination des forces de la Révolution (en persan : شورای هماهنگی نیروهای انقلاب), qui est composé de représentants de partis et organisations conservatrices influentes. Cependant, il est le moins populaire des trois candidats conservateurs, les autres étant Mahmoud Ahmadinejad (2e place à l’issue du premier tour) et Mohammad Bagher Ghalibaf (5e à l’issue du premier tour).
Le , il succède à Hassan Rohani en tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Il y est l’un des deux représentants du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Dans le cadre de ses fonctions, il est notamment le principal négociateur sur les sujets en rapport avec la sécurité nationale, comme le sujet du programme nucléaire iranien.
Il démissionne le et est remplacé par le vice-ministre des Affaires étrangères chargé des relations avec l’Europe et les États-Unis, Saïd Jalili.
Président de l’Assemblée
En mai 2008, Larijani est élu président de l’Assemblée consultative islamique d’Iran.
Larijani ne se représente pas lors des élections législatives iraniennes de 2020 et son mandat à la tête de l’Assemblée doit s’arrêter dès qu’un successeur est élu mais en raison de la pandémie de Covid-19, cette élection est retardée.
À partir de 2020, il est conseiller spécial auprès du Guide de la révolution. Il conduit notamment les négociations menant à un accord pluriannuel de coopération stratégique avec la Chine.
Élection présidentielle de 2021
Ali Larijani dépose sa candidature à l’élection présidentielle de 2021 et est considéré comme l’un des favoris avec Ebrahim Raïssi. Sa candidature n’est toutefois pas validée par le Conseil des gardiens de la Constitution.
Élection présidentielle de 2024
Larijani dépose sa candidature à l’élection présidentielle de . Il s’agit d’une élection anticipée entraînée par la mort du président Ebrahim Raïssi. Celle-ci n’est toutefois pas retenue par le Conseil des gardiens de la Constitution.


