La montée de l’antisémitisme en France était au centre des rencontres menées ce mardi 17 février à Jérusalem par Aurore Bergé, la ministre de l’Égalité et de la Lutte contre les discriminations. Interview

Ce mardi, avec l’épouse du président israélien, vous avez évoqué les viols subis par les victimes des attentats du 7-Octobre. En quoi ce sujet est-il une « incompréhension » ?

C’est un vrai traumatisme en Israël : les femmes victimes de violences sexuelles pendant les attentats perpétrés par le Hamas ou pendant leur captivité n’ont pas reçu le même soutien ni la même reconnaissance que celles d’autres pays. Au contraire, la dénonciation des faits a créé du silence, voire une certaine remise en question. Or, il n’y a aucun doute : les terroristes eux-mêmes ont documenté les viols, les ont filmés en direct et les ont revendiqués. Le viol est toujours une arme de guerre. C’est en ce sens que la première dame, Michal Herzog, m’a remis un rapport officiel dédié à ce sujet.

Comment expliquer cet angle mort ?

Ils l’expliquent par l’obsession anti-israélienne, voire l’antisémitisme. Les violences sexuelles comptent-elles moins que pour d’autres parce que ce sont des femmes israéliennes ou juives ? Le simple fait de poser cette question est insupportable.

La montée de l’antisémitisme en France était au cœur de cette visite. Comment ce phénomène est-il perçu en Israël ?

L’antisémitisme était au centre des rencontres menées aujourd’hui à la Knesset [le Parlement, NDLR]. Avec les députées Caroline Yadan et Constance Le Grip, présidente du groupe Amitié France-Israël, nous étions reçues par les deux coprésidents du groupe Amitié Israël-France, Karine Elharrar et Yossi Taieb. Ils sont issus de deux partis différents, l’une dans l’opposition, l’autre dans la majorité, avec des positions différentes sur la reconnaissance de l’État palestinien.

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