Plus de vingt ans après l’assassinat du journaliste Daniel Pearl au Pakistan, son père, Judea Pearl, revient au centre du débat public avec Coexistence et autres mots incendiaires, un livre qui rassemble des articles écrits entre 2002 et 2025. Dans cet ouvrage, Pearl analyse le climat après le 7 octobre 2023 et affirme qu’il est devenu « normal » de nier le droit du peuple juif à l’autodétermination.

Professeur émérite à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et expert mondialement reconnu en intelligence artificielle, Pearl introduit le concept de « zionophobie », qu’il définit comme le déni de la légitimité même d’Israël. Contrairement à l’antisémitisme, explique-t-il, il s’agit d’un phénomène politique et idéologique qui, selon lui, domine aujourd’hui les campus universitaires et les milieux académiques, notamment depuis la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza.

Dans son ouvrage, Pearl s’appuie sur des sources historiques du sionisme et sur sa propre biographie, marquée par l’Holocauste et la mort de son fils, pour défendre le lien historique, culturel et religieux du peuple juif avec la terre d’Israël. Elle critique également les groupes juifs antisionistes, qu’elle considère comme marginaux dans l’histoire et le présent du judaïsme, et remet en question les institutions qui, selon elle, mettent en scène la souffrance juive sans évoquer sa renaissance nationale.

Tout en saluant l’émergence de nouveaux groupes de professeurs sionistes qui ont décidé de prendre la parole, Pearl se montre pessimiste quant à l’avenir du dialogue judéo-musulman qu’il a promu pendant des années au sein de la Fondation Daniel Pearl. Dans un contexte qu’il perçoit comme de plus en plus hostile, l’auteur prévient que le défi actuel n’est pas seulement de combattre la haine, mais aussi de défendre l’idée d’un État juif « normal », capable d’exister et de se défendre comme toute autre nation.

 

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