Pourquoi les prix ne baissent-ils pas en Israël ?


Selon l’OCDE, Israël figure parmi les pays les plus chers au monde pour l’alimentation, avec des prix supérieurs d’environ 37 % à la moyenne des pays développés

i24NEWS
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L’année 2026 aurait dû être synonyme de soulagement pour les consommateurs israéliens. Le dollar s’est affaibli, la monnaie nationale s’est nettement renforcée, les coûts du transport maritime mondial ont reculé et la banque centrale a abaissé ses taux d’intérêt à deux reprises. En théorie, ces évolutions devaient entraîner une diminution des coûts d’importation et, par ricochet, une baisse des prix. Dans les faits, la réalité est tout autre dans les cafés et les chaînes de restauration rapide.

Ces dernières semaines, plusieurs grandes enseignes ont relevé leurs tarifs. Aroma a ouvert la voie avec une augmentation moyenne de 12 %, rapidement suivie par Arcaffe et Cafe Greg.

De son côté, McDonald’s Israël a procédé à deux hausses de prix depuis son rachat par le groupe international. Pour de nombreux clients, ce décalage entre l’amélioration des indicateurs économiques et la hausse continue des tarifs suscite une incompréhension croissante.

Les économistes décrivent cette situation comme un phénomène de « prix collants » : les entreprises répercutent rapidement les hausses de coûts en période de crise, mais tardent à ajuster leurs prix à la baisse lorsque les conditions s’améliorent.


Or, la monnaie forte réduit le coût des importations, notamment pour les grains de café et les équipements. La baisse des frais de transport internationaux aurait également dû alléger la facture des entreprises. Pourtant, ces économies ne semblent pas profiter aux consommateurs. Elles contribueraient davantage à améliorer les marges des groupes concernés.

Le problème dépasse le seul secteur du café. Selon les données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Israël figure parmi les pays les plus chers au monde pour l’alimentation, avec des prix supérieurs d’environ 37 % à la moyenne des pays développés.

Cette situation reflète un marché jugé insuffisamment concurrentiel. Lorsqu’un acteur majeur augmente ses tarifs, ses concurrents ont tendance à suivre, créant un effet domino qui limite toute pression à la baisse.


Dans ce contexte, une action collective de 400 millions de shekels a été déposée contre McDonald’s en Israël, invoquant des manquements en matière d’hygiène et de gestion dans certains établissements. Même si la procédure est encore en cours, elle accentue la pression sur un secteur déjà accusé de privilégier ses marges au détriment des consommateurs.

Ainsi, malgré un environnement macroéconomique plus favorable, le panier des ménages ne s’allège pas. La vigueur de la monnaie nationale ne se traduit pas, pour l’instant, par une baisse des prix dans les cafés et la restauration rapide.

Pour beaucoup d’Israéliens, le sentiment est celui d’un marché où la concurrence ne joue pas pleinement son rôle et où les bénéfices des améliorations économiques s’arrêtent avant d’atteindre le comptoir.

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