Le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a mis en garde vendredi 30 janvier contre un « effondrement financier imminent » de l’organisation, dans un courrier aux États membres consulté par l’AFP. En Israël la chute financière de l’ONU est, selon de nombreux politiques israéliens « une excellente nouvelle car cette entité est foncièrement anti-Israël ».

Le Monde: « Iraël n’a cessé depuis sa fondation, en 1948, de contester la primauté des Nations unies. Mais l’histoire des relations entre Israël et l’ONU a beau avoir été émaillée de crises, le 30 octobre à New York, l’ambassadeur israélien auprès des Nations unies. Gilad Erdan, ancien ministre du Likoud et fidèle du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a en effet arboré l’étoile jaune dont les nazis stigmatisaient les juifs comme un « symbole de fierté » face aux critiques de l’ONU à l’encontre de la campagne israélienne sur Gaza ».

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors de la conférence de l’UNA-UK, à Londres, le 17 janvier 2026.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres,

Antonio Guterres tire la sonnette d’alarme ce 30 janvier 2026. L’ONU a « déjà surmonté » des périodes délicates sur le plan financier, « mais la situation actuelle est radicalement différente ». Il appelle notamment tous les pays à « honorer pleinement et dans les délais leurs obligations de payement » ou à « revoir en profondeur [les] règles financières » de l’institution.

Le secrétaire général de l’organisation prend soin de ne citer aucun pays, mais il tance les « décisions » de certains pays « de ne pas honorer des contributions obligatoires finançant une part significative du budget ordinaire approuvé ». Hostiles au multilatéralisme défendu par l’ONU, les États-Unis ont réduit ces derniers mois leurs financements à certaines agences onusienne et refusé ou retardé certains payements obligatoires. Le président américain, Donald Trump, a par ailleurs lancé en janvier son « Conseil de paix » destiné, selon ses détracteurs, à devenir une organisation rivale de l’ONU.

Bien que plus de 150 États membres aient versé leur dû, les Nations unies ont terminé l’année 2025 avec 1,6 milliard de dollars de cotisations impayées, soit plus du double de 2024. Les trous constatés par rapport au budget voté obligent régulièrement l’organisation à geler des embauches, retarder des payements ou couper dans ses missions.

« La trajectoire actuelle n’est pas tenable. Elle expose l’organisation à un risque financier structurel et impose un choix brutal : soit les États membres acceptent de revoir en profondeur nos règles financières, soit ils doivent accepter la perspective très réelle d’un effondrement financier », écrit Antonio Guterres.

L’ONU est aussi confrontée à un « problème connexe » affectant plus encore sa trésorerie : elle doit rembourser aux États membres les dépenses non engagées, a expliqué lors d’un point presse Farhan Haq, l’un des porte-parole du chef de l’organisation. « Nous sommes pris dans un cycle kafkaïen : on attend de nous que nous rendions de l’argent qui n’existe pas », a commenté Antonio Guterres.

Ce dernier craint de ne pas pouvoir « exécuter intégralement le budget-programme 2026 approuvé en décembre ». « Pire encore, (…) les liquidités du budget ordinaire pourraient être épuisées dès le mois de juillet », estime-t-il.

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