Manœuvres, unions et fractures : le jeu politique israélien se réorganise.


Unions tactiques, repositionnements stratégiques et tensions internes traduisent une fébrilité croissante au sein des blocs, dans un paysage politique encore marqué par l’instabilité.

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La scène politique israélienne entre dans une phase de fébrilité maîtrisée. Sans échéance électorale officiellement fixée, les partis commencent néanmoins à se repositionner, multipliant signaux, pressions et alliances tactiques. Les mouvements restent prudents, parfois hésitants, mais traduisent un système qui se remet progressivement en ordre de bataille.

Parmi les évolutions les plus marquantes figure l’annonce d’une recomposition des partis arabes autour d’une liste commune, incluant Balad et Ra’am sous la direction de Mansour Abbas. Selon les estimations évoquées, un tel rassemblement pourrait atteindre jusqu’à 16 ou 17 sièges. Un poids suffisant pour constituer un levier de blocage à la Knesset, capable d’empêcher la formation d’une coalition, qu’elle soit issue de la majorité actuelle ou du camp dit du changement.

Mansour Abbas apparaît au cœur de cette dynamique. Peu enclin à s’effacer derrière une unité idéologique qu’il ne partage pas entièrement, il voit néanmoins dans cette union un outil stratégique. Le caractère « technique » de cette alliance lui laisse la possibilité, le moment venu, de se détacher du bloc pour négocier avec d’autres forces politiques.

Dans le camp de l’opposition, les hésitations persistent. Les appels à une grande alliance entre figures centristes et de droite modérée peinent à convaincre, faute de ligne politique commune autre que l’objectif de remplacer Benjamin Netanyahou. Les projets d’union apparaissent prématurés et peu crédibles à ce stade.


Du côté de la coalition, les tensions internes s’accentuent également. Les sondages peu favorables, les rivalités personnelles et les spéculations sur des recompositions internes fragilisent certains équilibres, y compris au sein du Likoud et des partis religieux.

Sans campagne déclarée ni calendrier arrêté, la politique israélienne entre ainsi dans une zone de turbulences contrôlées, où chaque mouvement vise avant tout à tester le terrain, déséquilibrer l’adversaire et préparer les rapports de force à venir.

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