Israël est classé huitième pays le plus heureux au monde en 2025. Devant l’Allemagne en vingt-deuxième position, les États-Unis, vingt-quatrième et la France bien plus loin à la 33e place.
LE PLUS. Les jeunes les plus heureux du monde.
Alors qu’à l’échelle mondiale, les jeunes adultes sont la tranche d’âge la plus malheureuse, la Lituanie fait mentir les études : non seulement les 18-30 ans y sont la génération la plus heureuse, mais ils sont aussi en tête du classement mondial.
Il y a quelques années encore, une étude menée dans 145 pays montrait que c’était en moyenne autour de 50 ans que les gens étaient le plus malheureux. S’il a longtemps été observé, ce pic d’insatisfaction a entre-temps disparu, constate NewScientist : “Ce n’est pas parce que les quinquagénaires sont devenus plus heureux, mais parce que les jeunes sont devenus plus malheureux.”
En effet, selon une étude parue dans la revue scientifique Plos One l’été dernier, les jeunes de 18 à 30 ans sont désormais la tranche d’âge la plus malheureuse. Phénomène qui pourrait avoir différentes explications, telles que “l’usage accru des réseaux sociaux, l’effet de l’isolement pendant la pandémie de Covid-19, ou des difficultés d’accès aux soins de santé mentale”, résume NewScientist, à l’appui des déclarations de l’un des auteurs de l’étude.
Cette tendance n’est cependant pas vraie partout : en Lituanie, les jeunes se classent comme la tranche d’âge la plus heureuse, a relevé le World Happiness Report, une étude menée chaque année dans plus 140 pays. Et ce n’est pas tout : lorsqu’on demande aux moins de 30 ans d’évaluer leur vie, les jeunes Lituaniens sont, à l’échelle mondiale, ceux qui lui accordent la plus haute note de satisfaction : 7,7, contre 7,2 aux Pays-Bas, 6,5 en France ou encore 5,3 en Algérie.
Quel est donc le secret de ce pays Balte, qui compte moins de 3 millions d’habitants ?
Vivre mieux que ses parents
Pour le comprendre, le quotidien néerlandais De Volkskrant est parti en reportage à Vilnius. Il décrit la capitale lituanienne comme une ville “entourée de parcs naturels, de collines et de rivières”, où la jeune génération jouit de loyers bon marché, “d’une infrastructure culturelle solide” et d’une croissance économique rapide “qui a permis aux salaires d’augmenter de 9,1 % en moyenne en 2025, contre 4,1 ailleurs en Europe”.
Et elle a conscience de sa chance. “Alors que la génération précédente a connu le communisme, la pauvreté et l’oppression, les jeunes Lituaniens profitent de l’appartenance à l’Union européenne, de l’économie de marché et de nouvelles possibilités”, poursuit le journal progressiste.
D’après Jan-Emmanuel De Neve, corédacteur en chef du World Happiness Report et professeur à Oxford, c’est un facteur “déterminant dans le sentiment de bonheur des jeunes”. Car, alors qu’en Europe de l’Ouest, les jeunes ont conscience de vivre moins bien que leurs parents – pour ce qui est du coût du logement et des études, par exemple –, en Europe de l’Est, on a le sentiment inverse, relève-t-il :
“Leur point de comparaison est beaucoup plus négatif, ce qui fait qu’ils évaluent leur situation de façon beaucoup plus optimiste.”
Cet optimisme est d’autant plus “notable”, observe le titre, “que le pays est à nouveau confronté à une menace russe croissante”. En octobre, des avions militaires russes ont pénétré l’espace aérien lituanien ; le mois précédent, les armées russe et biélorusse s’entraînaient à proximité de la frontière. Quant aux renseignements lituaniens, ils estiment que “la Russie sera prête à mener une attaque d’ici deux à cinq ans”.
“Nous avons conscience de notre chance et de ce qui a pu être construit ces trente dernières années”, dit Elena, 32 ans, au quotidien néerlandais. “Maintenant que tout cela est à nouveau menacé, nous en mesurons la fragilité. Et c’est dans cette conscience que réside notre bonheur.”
Le fait de vivre sous une même menace est aussi un facteur de cohésion sociale, pointe De Neve. Or “les personnes qui peuvent compter sur un soutien social sont mieux préparées lorsqu’il s’agit de faire face à l’adversité, et sont donc plus heureuses et résistantes”, résume De Volkskrant.