Un sondage révèle un profond fossé entre citoyens juifs et arabes d’Israël sur le sentiment de sécurité
Près des trois quarts des répondants juifs estiment qu’il est aujourd’hui plus sûr pour eux de vivre en Israël qu’à l’étranger contre seulement un tiers des Arabes

Un nouveau sondage publié mardi par l’Institut israélien de la démocratie met en lumière un écart marqué entre citoyens juifs et arabes d’Israël concernant la sécurité, la confiance dans les institutions et l’avenir du pays. Cette enquête intervient dans un contexte de tensions régionales persistantes et de débats politiques internes intenses.
Réalisée par le Viterbi Family Center for Public Opinion and Policy Research entre le 28 décembre 2025 et le 1er janvier 2026, l’étude montre que près des trois quarts des répondants juifs estiment qu’il est aujourd’hui plus sûr pour les Juifs de vivre en Israël qu’à l’étranger, une progression légère par rapport aux précédentes mesures.
Chez les citoyens arabes, le tableau est très différent : seuls environ un tiers jugent qu’il est plus sûr pour les Arabes de vivre en Israël. Les autres répondants considèrent qu’il est plus sûr de vivre à l’étranger ou ne perçoivent aucune différence notable. Les chercheurs suggèrent que des expériences contrastées face à la sécurité quotidienne et à la criminalité pourraient expliquer ce décalage.
L’enquête, menée auprès de 602 répondants juifs et 150 répondants arabes, s’inscrit dans le cadre de l’Israeli Voice Index, baromètre mensuel mesurant l’état d’esprit du public sur les grandes questions nationales. Elle met également en évidence une légère baisse de l’optimisme général concernant la sécurité future d’Israël, ainsi que des inquiétudes croissantes quant à la cohésion sociale et à la santé démocratique du pays. Là encore, les répondants juifs se montrent globalement plus confiants que les répondants arabes.
Le sondage aborde aussi les attentes autour des mécanismes d’enquête concernant les défaillances liées aux attaques du 7 octobre. Si une majorité continue de soutenir l’idée d’une commission d’enquête d’État, ce soutien recule toutefois d’environ dix points par rapport aux précédents sondages.
Par ailleurs, la plupart des répondants juifs expriment un fort soutien à une implication du gouvernement israélien pour renforcer la protection des communautés juives à l’étranger, via une pression diplomatique et une assistance sécuritaire directe. Les répondants arabes soutiennent ces initiatives dans des proportions nettement inférieures.
Sur le terrain politique, une courte majorité (54 %) estime que le Premier ministre Benjamin Netanyahou était au courant de liens entre certains de ses proches conseillers et le Qatar, malgré ses démentis.
Pour les analystes, ces résultats illustrent la persistance de clivages profonds au sein de la société israélienne, en particulier entre citoyens juifs et arabes, sur les questions de sécurité, de confiance institutionnelle et de vision de l’avenir. À l’approche des prochaines élections générales prévues cette année, ces données pourraient influencer les stratégies politiques et les priorités gouvernementales.