Une solution à la crise du service militaire obligatoire ? Recruter des milliers de jeunes immigrants dans Tsahal


« Il existe des milliers de jeunes dans le monde juif qui, après les événements du 7 octobre, veulent rejoindre les rangs de Tsahal, mais ne savent pas comment faire ni quels rôles sont disponibles »

i24NEWS
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Invité de la chaîne en hébreu d‘i24NEWS, Ariel Kandel, directeur général de Qualita, une organisation israélienne qui a pour but une intégration de qualité des immigrants francophone, a dressé un constat sans ambiguïté : les communautés juives d’Europe, et particulièrement de France, constituent un vivier considérable de nouveaux soldats potentiels pour Tsahal. Pour lui, l’intérêt suscité par Israël depuis le 7 octobre ouvre une opportunité stratégique que l’État hébreu n’exploite pas encore suffisamment.

Ariel Kandel rappelle qu’environ 1 000 nouveaux immigrants francophones rejoignent chaque année l’armée israélienne. Selon lui, ce chiffre pourrait facilement doubler si Tsahal et les autorités israéliennes prenaient la peine de se rendre dans les communautés de la diaspora afin de mieux informer les jeunes sur les possibilités qui s’offrent à eux. « Il existe des milliers de jeunes dans le monde juif qui, après les événements du 7 octobre, veulent rejoindre les rangs de Tsahal, mais ne savent pas comment faire ni quels rôles sont disponibles », explique-t-il.

Dans un contexte où Israël cherche à combler un déficit de soldats, Ariel Kandel estime qu’une partie de la solution pourrait venir précisément de ces volontaires potentiels. Plutôt que de focaliser le débat public sur la question brûlante du service militaire des orthodoxes, l’État devrait investir, selon lui, dans une politique volontariste d’intégration des nouveaux immigrants : une démarche peu coûteuse, mais susceptible de produire des résultats rapides.

L’entretien s’est également attardé sur la montée de l’antisémitisme en France, phénomène qui accélère l’intérêt pour l’aliyah. Ariel Kandel souligne que les déclarations de certains responsables politiques français sont perçues comme donnant un « feu vert idéologique » à l’islamisme radical. Résultat : lors d’un récent salon organisé par l’Agence juive, environ 4 000 familles, soit entre 15 000 et 20 000 personnes, ont exprimé leur volonté d’immigrer en Israël. Selon lui, il ne manque qu’une décision politique pour transformer ces intentions en installation massive.

Kandel met toutefois en garde : la situation française pourrait dégénérer davantage, ce qui rend urgent l’établissement d’un véritable plan d’accueil. « Nous parlons de sauver des vies », insiste-t-il, rappelant que les précédents attentats n’ont pas suffi à enrayer une tendance lourde.

L’équation est claire, conclut-il : la demande existe, l’opportunité aussi. Reste à savoir si l’État hébreu aura la volonté d’y répondre.

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