Israël et ses demandeurs d’asile : le blocage administratif dénoncé par Amisi Kamola Tonton


« Si c’était pour chercher une belle vie, Israël ne serait pas le premier choix », a-t-il lancé.

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Amisi Kamola Tonton, responsable des demandeurs d’asile congolais en Israël
Amisi Kamola Tonton, responsable des demandeurs d’asile congolais en Israël

Dans Regards Croisés, Amisi Kamola Tonton, responsable des demandeurs d’asile congolais en Israël, a livré un témoignage sur la réalité quotidienne des réfugiés africains installés dans le pays depuis parfois vingt à trente ans, sans perspectives claires ni statut reconnu.

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Quel statut pour les demandeurs d’asile en Israël?

Selon lui, les migrants n’ont jamais choisi Israël pour y “faire leur vie”, mais parce qu’ils y ont trouvé « la seule porte ouverte » pour échapper à la guerre, aux persécutions politiques ou à des dictatures brutales. « Si c’était pour chercher une belle vie, Israël ne serait pas le premier choix », rappelle-t-il. La plupart ont franchi la frontière depuis l’Égypte à une époque où cela restait possible, fuyant des violences parfois mortelles, comme le massacre de réfugiés à la place Mustafa Mahmoud au Caire en 2005.


Mais une fois en Israël, ils ont découvert un système administratif paralysé, incapable de traiter les demandes d’asile. « On reçoit la demande, mais elle n’est jamais étudiée, jamais acceptée, jamais refusée », décrit-il. Lui-même attend depuis neuf ans, alors que d’autres patientent depuis trois décennies. À chaque relance, on lui répond que d’autres “sont là avant”. « À quand mon tour ? » s’interroge-t-il.

Cette absence de décision place des milliers de personnes dans un vide juridique prolongé. Elles ne sont ni expulsées – Israël reconnaissant qu’on ne renvoie pas quelqu’un vers une zone de guerre – ni régularisées. Une « politique d’usure », selon lui, censée pousser les migrants à partir d’eux-mêmes malgré l’impossibilité de retourner dans leur pays d’origine.

Amisi Kamola appelle désormais le gouvernement à « ouvrir les tiroirs », à examiner chaque dossier et à reconnaître les véritables réfugiés. « Beaucoup ici ont fui la mort. Ils veulent juste la sécurité », conclut-il.–

 

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