Israël : le marché du travail bouleversé depuis le 7 octobre (analyse).
Depuis le 7 octobre 2023, le marché du travail israélien s’est profondément transformé, marqué par la disparition massive des travailleurs palestiniens et l’essor d’une main-d’œuvre étrangère.

Depuis l’attaque du 7 octobre 2023, le marché du travail israélien connaît une transformation profonde et durable. Selon Jacques Bendelac, docteur en économie et spécialiste de l’économie israélienne, la rupture est avant tout sécuritaire, mais ses conséquences économiques sont majeures, tant pour Israël que pour les territoires palestiniens.
Avant la guerre, environ 100 000 Palestiniens travaillaient légalement en Israël. Ils ne sont plus aujourd’hui qu’environ 8 000, après la suppression quasi totale des permis de travail décidée par le gouvernement israélien dès le début du conflit. Toutefois, Jacques Bendelac souligne un phénomène souvent sous-estimé : des dizaines de milliers de Palestiniens continuent de travailler illégalement en Israël. Il estime que 40 000 à 50 000 Palestiniens franchissent encore chaque jour la frontière pour travailler, poussés par la nécessité économique et par la demande persistante des employeurs israéliens.
Parallèlement, les travailleurs étrangers ont pris une place centrale. Leur nombre dépasse désormais les 227 000. Déjà présents avant la guerre, notamment dans l’agriculture, ils se sont depuis imposés dans la construction, la restauration, l’industrie et le commerce. Cette main-d’œuvre étrangère a permis d’amortir le choc provoqué par l’absence des travailleurs palestiniens et par la mobilisation massive des réservistes israéliens. Selon Jacques Bendelac, leur intégration s’est faite de manière globalement positive, tant pour les employeurs que pour l’économie israélienne, confrontée à une forte pénurie de main-d’œuvre.
Mais l’impact est dévastateur côté palestinien. Les salaires perçus en Israël représentaient environ la moitié du revenu national de l’économie palestinienne en Judée-Samarie. Leur disparition brutale a entraîné un effondrement économique : chute de l’activité, explosion du chômage et aggravation de la pauvreté. Pour Jacques Bendelac, l’économie palestinienne ne pourra se redresser que lorsque les relations économiques, commerciales et de travail avec Israël retrouveront un cadre comparable à celui d’avant le 7 octobre.