Proposé par Elnet, rencontre en Israël, en janvier 2026, avec Manuel Valls à ZOA House.

CRIF. EN DECEMBRE 2026. Rencontre avec Manuel Valls: « Le président du Crif a remercié Manuel Valls pour sa présence. Interrogé par Rudy Saada, journaliste sur Europe 1 et Radio J, Rudy Saada a ouvert cet entretien en évoquant l’attentat de Sydney, en Australie, rappelant également les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, durant lesquels Manuel Valls était Premier ministre.

Manuel Valls a rappelé avec force combien « les mots préparent les morts ». Il rappelle combien l’État est irréprochable dans la lutte contre l’antisémitisme, en matière de renseignements, de formation des policiers et des gendarmes, d’adaptations du Code pénal, etc. Mais, selon lui, « c’est un problème d’ordre politique ». Si le travail de mémoire est nécessaire et qu’il faut dénoncer l’antisémitisme d’où qu’il vienne, il faut traiter l’essentiel : « l’essentiel, c’est qu’aujourd’hui la confusion majeure est dans le rejet d’Israël et du sionisme ».

Sur la question des responsabilités, Rudy Saada a interrogé Manuel Valls sur la manière dont des responsables politiques ou certains médias reprennent le vocabulaire ou les chiffres du Hamas sans aucune vérification. Sur le mot « génocide », par exemple, Manuel Valls rappelle que ce terme a déjà été utilisé, notamment dans les années 2000. « On utilisait déjà le mot « génocide » à l’extrême gauche », notamment au moment de la guerre des Six Jours, période au cours de laquelle s’opère un basculement : les Juifs, peuple d’Israël, victimes à qui l’on a concédé un État, en oubliant les bases du projet sioniste, devenaient une conception de plus en plus difficile à défendre parce qu’Israël devenait une puissance.

Sur la notion d’État colonisateur, « on apparente Israël à une grande puissance colonisatrice », celle de « l’Occident blanc ». Cela explique, selon lui, la puissance et la force de ce mouvement dans la jeunesse.

Enfin, sur l’usage du mot « génocide », Manuel Valls estime que l’on est face à une nazification de l’État d’Israël et des Juifs. Si Israël est présenté comme un État nazi, alors on considère qu’il n’a plus le droit d’exister. Manuel Valls pointe ici la responsabilité de certains élus français, mais aussi de gouvernements de pays européens voisins.

Crédits photo : ©Alain Azria

Manuel Valls a réaffirmé combien la bataille de la communication est difficile, mais qu’elle n’est pas perdue. « Nous sommes obligés de mener le combat idéologique des idées. »

Les démocraties sont plus fragiles que les puissances totalitaires mais c’est une fragilité qu’il faut revendiquer et c’est une fragilité que nous partageons avec Israël, seule démocratie de la région.

Aujourd’hui, nous faisons face à un mouvement global qui « touche les sachants, la jeunesse, les universitaires, les acteurs du monde de la culture, les médias, etc. » et c’est pour cela que « le combat est plus difficile ». « Il faut élargir le front de ceux qui doivent se battre » et ne pas se tromper d’angle. Il faut lutter contre la haine d’Israël et en définitif, la « haine de ce que nous sommes ». « Il y a quelque chose qui vise à nous détruire. »

Yonathan Arfi a interrogé l’ancien Premier ministre sur la gauche française. Manuel Valls rappelle combien il existe de l’antisémitisme dans les courants de gauche avec un « objectif électoral ».

 

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