De violentes explosions ont retenti au cœur de la nuit de vendredi à samedi à Caracas et dans ses environs, amenant le président vénézuélien Nicolás Maduro à proclamer samedi l’état d’exception et à appeler à la « mobilisation » à la suite de ce qu’il a qualifié d’« agression militaire des Etats-Unis ».
Entretemps, l’administration Trump a déclaré que le dirigeant vénézuélien et son épouse, qu’elle a annoncé avoir exfiltrés de leur pays, étaient inculpés devant un tribunal fédéral de New York pour des chefs de « narcoterrorisme » et de « complot pour importation de cocaïne » aux Etats-Unis.
« L’heure de la liberté est arrivée », a lancé samedi la cheffe de l’opposition vénézuélienne, María Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025, après la capture du président Nicolás Maduro par les États-Unis.
« Vénézuéliens, l’heure de la liberté est arrivée », a-t-elle écrit dans un communiqué sur les réseaux sociaux, estimant que le candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, doit « assumer immédiatement » la présidence.
REACTIONS D’ISRAËL. Israël a salué samedi l’opération des Etats-Unis au Venezuela, « menée par le président (américain Donald) Trump, qui a agi en tant que leader du monde libre », dans un message sur X de son ministre des Affaires étrangères.
« En ce moment historique, Israël se tient aux côtés du peuple vénézuélien épris de liberté, qui a souffert sous la tyrannie illégale de Maduro. Israël se félicite de la destitution du dictateur qui dirigeait un réseau terroriste et de drogue », ajoute Gideon Saar.
En Israël, Yair Lapid a estimé que « le régime en Iran devrait prêter attention à ce qui se passe au Venezuela », une déclaration interprétée comme un avertissement adressé à Téhéran dans un contexte de tensions régionales accrues.
GIDEON SAAR : « Israel commends the United States’ operation, led by President Trump, which acted as the leader of the free world. At this historic moment, Israel stands alongside the freedom-loving Venezuelan people, who have suffered under Maduro’s illegal tyranny. Israel welcomes the removal of the dictator who led a network of drugs and terror and hopes for the return of democracy to the country and for friendly relations between the states. The people of Venezuela deserve to exercise their democratic rights. South America deserves a future free from the axis of terror and drugs ».
Meloni et la capture de Maduro.
La première ministre Giorgia Meloni est la seule dirigeante européenne à soutenir l’opération militaire américaine, la qualifiant «d’intervention défensive», tout en soulignant que la force militaire ne doit pas être utilisée pour obtenir des changements de régime.
«Conformément à la position de longue date de l’Italie, le gouvernement pense qu’une action militaire extérieure n’est pas la manière de mettre fin aux régimes totalitaires, mais considère dans le même temps légitime une intervention militaire défensive contre des attaques hybrides (…), ainsi que dans le cas d’entités alimentant et promouvant le trafic de drogue», a-t-elle déclaré dans un communiqué.
ARGENTINE. Les frappes américaines ont été saluées par un tonitruant « La liberté avance, vive la liberté, bordel ! » du président argentin pro-Trump, Javier Milei.
Équateur. Le président de l’Équateur, Daniel Noboa, s’est également réjoui de la chute de M. Maduro : « l’heure est venue de reprendre possession de votre pays », a-t-il lancé sur X aux figures de l’opposition vénézuélienne María Corina Machado et Edmundo González Urrutia, ainsi qu’au « peuple vénézuélien ».
FIL INFO. NICOLAS MADURO.
1. Le président Nicolás Maduro a été « capturé et exfiltré » du Venezuela après une intervention militaire d’envergure des États-Unis dans la nuit de samedi à dimanche.
2. Au cours d’une conférence de presse depuis sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, Donald Trump a affirmé que les États-Unis « dirigeraient » le pays jusqu’à ce qu’une transition politique « sûre » puisse avoir lieu.
3. Donald Trump s’est dit prêt à faciliter une « transition pacifique » au Venezuela. « Nous allons gérer le pays tant qu’ils ne vont pas assurer une transition sûre et judicieuse. (…) Il faut liberté, paix et justice pour ce grand peuple vénézuelien », a-t-il poursuivi, assurant se soucier du « bien de la population ». « Nous allons rester aussi longtemps, (…) nous allons gérer le pays tant qu’il n’y aura pas de transition », a-t-il ajouté, accusant les autorités vénézuéliennes d’avoir « profité du pays ». Il a aussi promis que les compagnies pétrolières américaines se rendraient sur place pour « réparer l’industrie » et « faire de l’argent ».
4. Pour la gestion du pays, « j’aimerais que cela aille vite, mais il faut du temps pour reconstruire ce pays, (…) la situation est très dangereuse, c’est un territoire ravagé », a souligné Donald Trump, évoquant une « infrastructure vétuste, en mauvais état ». « Nous allons débourser beaucoup d’argent pour pouvoir prendre soin de ce pays », a-t-il encore promis, répétant focaliser son attention sur l’industrie pétrolière. « Nous allons vendre beaucoup de pétrole à beaucoup de pays », a-t-il ajouté.
5. Donald Trump reconnaît que la mort de Nicolas Maduro « aurait pu arriver », lors de l’opération. « Il y a eu de la surprise, mais en même temps, il s’y attendait. Il y a beaucoup de tirs échangés, il essayait de se rendre vers un endroit plus sûr mais qui ne l’était plus, car nous l’avions trouvé. (…) Il a passé la porte mais a été incapable de la fermer ensuite », a-t-il ajouté.
6. « Nous allons gérer (le Venezuela) avec un groupe, (…) reconstruire l’infrastructure pétrolière », a poursuivi Donald Trump. « Nous allons nous assurer que l’on s’occupe de la population vénézuélienne », a-t-il ajouté, précisant ne « pas avoir peur d’avoir des hommes sur le terrain ». « Nous allons nous assurer que ce pays sera géré correctement, (…) tout est sur la bonne voie », a-t-il encore promis, promettant de « donner de l’argent à beaucoup de personnes, rembourser ceux dont on a profité ». « Ils nous ont volé notre pétrole », a-t-il encore accusé.
7. Des nominations sont déjà en cours, a poursuivi le président américain, évoquant tout d’abord « les gens qui sont derrière moi » pour la première phase de gestion, dans l’immédiat. La vice-présidente du Venezuela Delcy Rodríguez « a été choisie par Maduro », « nous allons parler et travailler avec elle pour faire en sorte que le Venezuela soit à nouveau une grande nation », a-t-il ajouté.
8. Au tour de Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine, de s’exprimer. Il assure que Nicolas Maduro « a eu des portes de sortie, (…) il disait toujours non », a-t-il raillé. « J’espère que les gens ont compris qu’on a un président qui n’est pas là pour jouer, (…) qui est axé sur l’action », a-t-il encore mis en garde, tout en assurant que Donald Trump est « pour la paix ».
« Le message pour le monde entier : le président n’est pas là pour se battre avec les gens, il veut s’entendre avec tout le monde, (…) mais ne jouez pas à ce genre de jeu », a-t-il encore menacé.
Le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, évoque à son tour une « opération précise et discrète, menée dans la nuit du 2 janvier, après des mois et des mois d’exercices ». « C’était une opération audacieuse que seuls les Etats-Unis pouvaient mener », a-t-il ajouté, insistant que la « complexité d’une telle mission », tout « en maintenant » une « surprise tactique ».
Des aviateurs ont été mobilisés, « les avions ont commencé à lancer cette mission depuis 20 lieux différents », avec « 140 bombardiers, avions de reconnaissance ». Ils ont « détruit le système de défense aérien » vénézuélien, a-t-il assuré. Vers 2 heures locales, des « forces d’appréhension sont descendues dans la résidence de Maduro, très rapidement », pour « isoler les lieux (…) tout en appréhendant la personne de Maduro ». Le couple présidentiel a été arrêté « avec professionnalisme et précision », a-t-il affirmé. Il a été embarqué sur un navire de guerre américain, l’USS Iwo Jima.
10. Le Secrétaire de la Défense Pete Hegseth prend à son tour la parole. Il salue « la bravoure et la précision de cette opération », un « raid massif exécuté parfaitement ». « Nos adversaires comprennent que les Américains pourront utiliser leur volonté partout », a-t-il menacé. « Nicolas Maduro a eu sa chance, comme l’Iran a eu sa chance. Mais ils ne l’ont pas saisie », a-t-il poursuivi. « En 2026, avec la présidence de Donald Trump, l’Amérique est de retour », s’est-il aussi félicité.
11. « La souveraineté américaine ne sera plus jamais remise en cause dans notre région », a encore déclaré Donald Trump. « Nous réaffirmons la puissance de l’Amérique dans notre région. »
« Nous allons sécuriser nos frontières, écraser les gangs. (…) Nous ne laisserons pas ces gangs criminels opérer dans l’impunité », a-t-il insisté, ajoutant que « l’embargo sur le pétrole venezuélien » et « l’armada américaine » resteront « en place ». « La dictature de Maduro est terminée au Venezuela, le peuple est libre ! libre ! (…) Le Venezuela est un pays plus fier, plus sûr », a-t-il ajouté.
12. « Le Vénézuela a volé des actifs américains, du pétrole américain, des plateformes américaines impliquant des milliards de dollars », « ils ont pris tous nos biens », a encore accusé Donald Trump, « il y a un certain temps de cela ». « Nous avons créé l’industrie pétrolière du Venezuela par nos affaires, le pétrole nous a été volé pendant les administrations précédentes. Ils ont utilisé la force, (…) et rien n’a été fait », a-t-il encore affirmé, sans davantage de détails.
13. « Maduro était à la tête de gang de néo-trafiquants, c’est ainsi que de la drogue est entrée aux Etats-Unis », a-t-il ajouté, affirmant qu’il avait « supervisé les cartels du gang des Soleils », qui « sont responsables de la mort (…) de centaines de milliers d’Américains ». « Maduro et sa femme vont être traduits devant la justice américaine », après avoir été débarqués à New York, a-t-il poursuivi, évoquant la possibilité qu’ils soient jugés à New York ou en Floride.
14. « Nous avons des preuves de leurs crimes, ces preuves très importantes seront soumises au tribunal », a assuré le chef de la Maison-Blanche, accusant encore son homologue de « campagne de terreur » contre Washington. « Il a trafiqué des quantités énormes de drogues et infligé des souffrances inhumaines, partout, notamment aux Etats-Unis », a-t-il encore accusé, ajoutant que le dirigeant vénézuélien avait « envoyé » des gangs « pour terroriser les Américains ». « Il n’y aura plus de menaces » désormais, a-t-il encore affirmé.
15. « Nous sommes prêts à envisager une seconde vague, si nécessaire », a-t-il aussi menacé, menaçant d’une « seconde attaque » même si elle n’est « pas nécessaire » pour l’heure selon lui.
16. Donald Trump s’est dit prêt à faciliter une « transition pacifique » au Venezuela. « Nous allons gérer le pays tant qu’ils ne vont pas assurer une transition sûre et judicieuse. (…) Il faut liberté, paix et justice pour ce grand peuple vénézuelien », a-t-il poursuivi, assurant se soucier du « bien de la population ». « Nous allons rester aussi longtemps, (…) nous allons gérer le pays tant qu’il n’y aura pas de transition », a-t-il ajouté, accusant les autorités vénézuéliennes d’avoir « profité du pays ». Il a aussi promis que les compagnies pétrolières américaines se rendraient sur place pour « réparer l’industrie » et « faire de l’argent ».
17. « Ils ont été submergés, ils sont devenus impuissants », a martelé Donald Trump, évoquant les forces vénézuéliennes. Il s’est aussi félicité qu’aucune perte humaine ou d’équipement ne soit à déplorer parmi ses forces. « Nous sommes les plus forts de toute la planète, (…) avec des capacités qui ne peuvent que faire peur à nos ennemis », ajoutant que « nous avons supprimé (…) 97% de la drogue qui venait d’un endroit, le Venezuela ».
18. Le couple présidentiel Maduro va « être traduits devant la justice américaine », ils ont « été mis en accusation devant le tribunal du district sud de Nexw-York pour complot de narco-terrorisme contre les Etats-Unis et leurs citoyens », a poursuivi Donald Trump.
Donald Trump prend la parole. « Selon mes insutructions, les forces armées des Etats-Unis ont conduit une opération militaire extraordinaire dans la capitale du Venezuela. Une puissance très forte a été utilisée pour lancer un assaut spectaculaire, comme on n’avait pas vu depuis la Seconde guerre mondiale », lance le président américain, évoquant une « attaque contre une forteresse très sécurisée », pour « traduire en justice Nicolas Maduro ». Le « déploiement de force » a été « extraordinaire », « peut-être l’un des plus extraordinaire de l’histoire ».
« Aucune nation au monde ne pourrait faire ce qu’a fait l’Amérique hier, dans des délais très courts. Toutes les capacités militaires du Venezuela ont été rendues impuissantes » lors de la capture de Nicolas Maduro « au milieu de la nuit », a-t-il ajouté. « Il faisait très sombre, le coup a été mortel. »
L’opération militaire menée par les États-Unis au Venezuela, ordonnée par le président Donald Trump, continue de provoquer une vague de réactions à travers le monde.
1. Au Royaume-Uni, le Premier ministre Keir Starmer : « Nous devrions tous respecter le droit international », soulignant l’importance des cadres multilatéraux et de la légalité internationale.
2. La Russie a dénoncé une « agression armée » contre un État souverain, appelant à empêcher toute escalade et à privilégier une solution diplomatique.
3. L’Iran a condamné une « violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du Venezuela ».
4. L’Union européenne a rappelé avoir « toujours indiqué que Nicolás Maduro manquait de légitimité », tout en appelant à « la retenue » après l’annonce de sa capture par les États-Unis.
5. En France, Jordan Bardella a « mis en garde contre les conséquences d’une intervention militaire américaine unilatérale, soulignant que le respect du droit international et de la souveraineté des États devait s’appliquer à tous, sans exception.