Partager :

A Tel-Aviv, dans la fontaine de Dizengoff, des milliers d’israélo-Argentins fêtent la victoire. Des centaines de vidéos montrent la joie des supporters israéliens.

Selon AFP : « Génie virevoltant à la personnalité discrète, faisant de l’exploit une routine, le joueur argentin a rejoint dimanche l’Olympe du football en remportant enfin la Coupe du monde, ce qui lui vaut de prétendre au statut de plus grand footballeur de l’Histoire.

Au terme d’une finale d’anthologie, lorsque Lionel Messi s’est penché pour embrasser la Coupe du monde, on a cru revoir le jeune prodige insouciant de ses débuts. Comme si, à 36 ans, décrocher enfin ce trophée qu’il a tant convoité pour son pays le libérait du poids des années et des responsabilités. Puis, la « Pulga » a relevé la tête. Sa barbe est réapparue alors qu’il célébrait ce titre avec un peuple argentin qui l’adulait enfin à sa juste mesure, le rangeant à la gauche de Maradona avec ce troisième trophée suprême apportée à son pays.

L’ombre du petit attaquant s’est encore allongée. Voilà Lionel Messi (35 ans) parmi les légendes du football, ces champions du monde enviés et adulés, ce que des héros comme Johan Cruyff, Michel Platini ou Ferenc Puskas n’ont jamais réussi à être. Avec ce 41e trophée de sa longue et fructueuse carrière, le plus prestigieux, Messi se pose tout en haut de la pyramide des monstres du ballon rond, à hauteur de son compatriote Diego Maradona, sacré en 1986.

Et s’il y a match avec le « Roi » Pelé, seul joueur triple champion du monde, mais qui n’a jamais joué dans un club européen, le palmarès majestueux de l’Argentin risque d’être difficilement égalé… Même Cristiano Ronaldo, quintuple Ballon d’Or, se retrouve distancé: à 37 ans, le Portugais ne sera probablement jamais champion du monde et s’est incliné devant son éternel rival, « un joueur incroyable, magique, top », avait-il résumé en novembre.

Un palmarès complété

En Argentine, le sacre de l’Albiceleste a déclenché des scènes d’extase. Jusqu’à dimanche, les supporters jugeaient Messi immense mais il n’y avait qu’un seul « Dios », Diego Maradona, le « Pibe de Oro ». La troisième étoile va tout changer. « Maintenant, je sais quel joueur occupera ma place dans le football, et son nom est Lionel Messi », avait prophétisé Maradona en 2010.

D’ailleurs, Messi a beaucoup plus gagné que Maradona et Pelé. Sept Ballons d’Or, quatre Ligues des champions, une avalanche de championnats et de coupes avec Barcelone puis avec le Paris SG, une Copa America en 2021 et donc ce Mondial.

Il est le capitaine de la sélection argentine, son meilleur buteur (98 buts), celui qui en a le plus porté le maillot (172 sélections). Oubliées, les désillusions de 2014 (défaite en finale) ou 2018 (échec contre la France en huitièmes). Effacée, sa brève retraite internationale en 2016, après une troisième défaite en finale de la Copa América.

Un attaquant inarrêtable

Désormais polythéiste, l’Argentine vénérera à jamais le gamin de Rosario, entré au firmament avec la troisième étoile de l’Albiceleste, 36 ans après l’épopée maradonienne de 1986.

Messi est né un an après, en 1987, à Rosario, dans le nord du pays. Quand la planète a découvert ce gamin aux cheveux longs, elle s’est émue du destin du petit gaucher qui, selon l’histoire consacrée, a quitté l’Argentine à 13 ans pour trouver à Barcelone un club qui finance son traitement médical pour régler ses problèmes de croissance.

Lancé en équipe première du Barça en 2004, l’attaquant a quitté le club en 2021, devenu le joueur le plus titré du club en cumulant les records : meilleur buteur de l’histoire du Barça, meilleur buteur de l’histoire de la Liga espagnole, recordman du nombre de buts sur une année civile (91 en 2012)…

Joueur d’exception, Messi a développé des qualités innées qui font la différence: vitesse, vision, dribbles dévastateurs et finition chirurgicale. « Aucun système défensif ne l’arrête, aucun entraîneur. Il est trop fort », a résumé un jour Pep Guardiola, son ex-mentor au Barça.

Un père de famille à la vie rangée

 

Au Qatar, Messi a ajouté une arme à sa panoplie: une touche d’agressivité dans l’attitude, qui plaît tant en Argentine. On l’a vu afficher un visage méconnu de chambreur, vindicatif et colérique après la victoire de l’Albiceleste en quarts face aux Pays-Bas, avec son désormais fameux « Qué miras, bobo ? (Qu’est-ce que tu regardes, abruti ?, NDLR) », adressé au Néerlandais Wout Weghorst, auteur d’un doublé, lors de son interview en direct.

Malgré tout, Messi n’aura jamais l’aura quasi mystique qui entoure Maradona. Mais il ne la recherche pas. Les prises de paroles de l’attaquant du PSG restent rares et sans relief. Ses nombreux tatouages sont la seule excentricité de ce père de famille à la vie rangée.

Goût du jeu, timidité touchante et sourire enfantin ont d’ailleurs valu à l’Argentin des opinions très positives, à l’opposé du « bling-bling » de Cristiano Ronaldo, une image seulement ternie par une condamnation pour fraude fiscale en 2017.

Malgré tout, Messi a su conserver un statut de gendre idéal, en couple avec Antonella, une amie d’enfance, et papa de Thiago, Mateo et Ciro. L’aîné des trois bambins mesure d’ailleurs la stature de son père, comme l’a raconté un jour Messi, tout sourire : « Chaque fois que je pars de la maison, (Thiago) se fâche et me demande: +Papa, tu pars encore faire des buts ?+ ».

Partager :