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EDITORIAL. ANALYSE (1). Bonne chance à Bibi et Sarah. Il y a des victoires qui contiennent en elles des graines de la prochaine débâcle. Après la nomination par le Président Herzog de « Bibi Roi d’Israël », des négociations de formation du Gouvernement vont se dérouler. Et un moment de vérité viendra bien vite.

Bibi aura face à lui dans le Gouvernement un « dur à cuire », Itamar Ben Gvir, devenu une figure incontournable de la politique en Israël. Ben Gvir est bien la clé de voûte d’un gouvernement de droite mené par l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu. Ben Gvir ne laissera rien passer au gouvernement. Il se fera plaisir de dire au 1er prochain Ministre que sans lui rien ne pourra se faire.

Avec son allure débraillée, sa kippa blanche tricotée et sa simplicité, Ben Gvir marque les esprits..

Selon i24News : « Itamar Ben Gvir et Betsalel Smotrich ont obtenu plus que ce que leur prédisaient des sondages déjà excellents.  Un résultat inespéré il y a encore quelques mois pour ces candidats sans aucun complexe, qui ont réussi à séduire jusque chez les abstentionnistes, selon les premiers résultats : « Ben Gvir a bénéficié du taux élevé de participation », analyse Daniel Haïk, journaliste politique sur i24NEWS. « Il semble symboliser l’importance du vote contestataire lors de ces cinquièmes élections en trois ans et demi et le ras-le-bol d’une partie de la population ».

« Par ailleurs, explique le journaliste, le « Sionisme religieux » a pris des voix au Likoud et à Avigdor Lieberman, mais pas comme on le prédisait à Shas, ni à Judaïsme unifié de la Torah, les partis orthodoxes, qui sortent encore renforcés de ces élections ».

C’est Ben Gvir qui pourra, lorsqu’il le souhaitera, faire chuter le prochain Gouvernement. Le « chemin de Croix » démarre donc pour Bibi, dont la santé n’est plus au top. Des nuits agitées pour l’homme politique qui n’a plus 20 ans et qui sera sans cesse convoqué par la justice.

Pour résumer : Ben Gvir, avec sa dégaine, et son « charme fou » soutient Bibi comme la corde soutient le pendu. 

(Youval Barzilay et Daniel Rouach)

LE PLUS. Les sièges du parti de Ben Gvir sont essentiels au projet de gouvernement de droite de M. Netanyahu. Avocat de formation, Itamar Ben Gvir est devenu député en avril 2021, après des années à militer à l’extrême droite.

Ce père de six enfants, qui vit dans une colonie défend l’annexion par Israël des territoires où vivent 2,9 millions de Palestiniens. Il ne craint jamais de se rendre là où les tensions sont les plus fortes, mettant, selon ses détracteurs, le feu aux poudres.

A Jérusalem, il clame « Vive le peuple d’Israël » sur le Mont du Temple dans la tradition juive. En mai 2021, alors que des violences dans le quartier de Cheikh Jarrah, où des familles palestiniennes sont menacées d’expulsion, sont le prélude à un embrasement, il y établit son bureau parlementaire.

Mi-octobre cette année, alors que des heurts y opposent à nouveau colons, forces israéliennes et Palestiniens, il s’y rend, sort une arme devant tous, avant de la ranger.

Le lendemain, ce père de 46 ans publie sur Twitter une photo de lui tout sourire avec deux de ses enfants, fusils en plastique en main, avec pour légende: « Après les émeutes (…) j’apprends aux enfants comment se conduire avec les terroristes ».

« Sauver le pays ».

Né en banlieue de Jérusalem de parents séfarades, Itamar Ben Gvir puise son idéologie dans celle du rabbin Meir Kahane, dont le mouvement Kach a été banni en Israël après l’assassinat en 1994 de 29 Palestiniens en train de prier à Hébron, en Cisjordanie, par un de ses sympathisants, Baruch Goldstein.

Itamar Ben Gvir, qui a milité dans Kach, a longtemps eu un portrait de Goldstein dans son salon mais dit avoir pris quelques distances depuis.

« J’ai changé (…) je disais il y a 20 ans qu’il fallait expulser tous les Arabes, je ne le pense plus, mais je ne vais pas m’excuser », dit-il dans un entretien à l’AFP à Tel-Aviv. « Je viens sauver le pays; je suis en guerre contre les jihadistes et ceux qui veulent attaquer le pays ».

« Les gens veulent marcher sans risque dans la rue (…) les gens veulent faire une distinction claire entre ceux qui sont loyaux à l’Etat d’Israël –nous n’avons pas de problème avec eux– et ceux qui agissent pour saper l’existence de notre cher pays », a-t-il encore déclaré mardi soir.

Inculpé des dizaines de fois depuis son adolescence pour incitation à la haine ou des violences, le député, également connu pour ses positions anti-LGBTQ, se vante d’avoir été innocenté dans 46 cas. C’est sur la recommandation des juges qu’il a entrepris des études de droit, pour se défendre lui-même, se targue-t-il.

L’homme apparaît affable, du genre que « les journalistes adorent interviewer ». « Il trouve toujours une bonne citation ». Mardi, M. Ben Gvir a indiqué qu’il voulait le ministère de la Sécurité intérieure.

(1) Editorial d’IsraelValley, inspiré par des analystes politiques israéliens de tout bord.

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