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Dima sait compter jusqu’à dix en hébreu. Il sait dire « oui », « non » et « qu’est-ce que c’est ? », mais son vocabulaire reste très limité. Malgré tout, cette semaine, il va rentrer au CP à l’école élémentaire Yitzhak Sadeh de Bat Yam, une banlieue de Tel Aviv.

« Il ne parle pas encore couramment l’hébreu mais il apprend vite, » confie, avec l’aide d’un traducteur, sa mère au Times of Israel, la semaine dernière. Elle-même s’exprime en russe.

Dima, six ans, est l’un des plus de 1 311 jeunes Ukrainiens qui vont faire leur rentrée dans les écoles israéliennes après être arrivés au sein de l’État juif , une arrivée précipitée par l’invasion russe de leur pays, selon le ministère de l’Éducation.

851 nouveaux immigrants en provenance de Russie et 105 enfants originaires de Biélorussie, dont les familles sont aussi parties en abandonnant tout derrière elles dans le sillage de l’offensive russe qui a commencé au mois de février, rejoindront également les bancs des établissements scolaires israéliens.

Pour des raisons comptables, le ministère a aussi mis en place une catégorie distincte pour les 330 enfants ayant émigré en Israël depuis ces pays sans leurs parents et qui feront leur rentrée scolaire cette semaine.

Même si des centaines de nouveaux immigrants – les Olim en hébreu – découvrent, chaque année, le système éducatif israélien, ces 2 600 élèves approximativement venus de l’ex-Union soviétique font partie de la plus grande vague d’immigration à s’être abattue sur l’État juif depuis plus de deux décennies. Au total, ce sont environ 31 000 personnes qui ont émigré en Israël jusqu’à présent – ou qui ont fait leur alyah depuis l’Ukraine (plus de 12 000) et depuis la Russie (presque 19 000), un exil précipité par l’invasion russe de l’Ukraine et par les opérations de répression consécutives qui ont eu lieu dans leurs pays d’origine. Il y a eu aussi en Biélorussie une vague de migration inhabituelle, même s’il est encore difficile de disposer de chiffres précis.

En plus des nouveaux immigrants, presque 300 réfugiés – des Ukrainiens entrés au sein de l’État juif avec des visas touristiques – vont faire leur rentrée scolaire en Israël, a précisé le ministère de l’Éducation.

Tira Glinoier, à la tête du département chargé de l’intégration des immigrants au sein du ministère, explique que c’est la première fois qu’elle sait précisément où le gouvernement offrira une scolarité à des réfugiés entrés dans le pays grâce à un visa touristique.

Même si ces nouveaux immigrants et ces réfugiés se répartissent dans 92 municipalités différentes, environ la moitié d’entre eux sont toutefois rassemblés dans dix villes : Jérusalem, Netanya, Haifa, Tel Aviv, Raanana, Rishon LeZion, Beit Shemesh, Ashkelon, Ashdod et Beer sheva.

Ce ne sont pas des gens qui ont pris des cours d’hébreu et qui ont appris l’hébreu en Ukraine avant de partir. Ce ne sont pas des gens qui prévoyaient de faire l’alyah. Ils partent de zéro.

Un afflux de nouveaux élèves qui représente un défi majeur pour le système de l’éducation, à la fois en raison du nombre élevé d’immigrants et aussi parce qu’un grand nombre d’entre eux ont fui soudainement en Israël à cause de la guerre, contrairement à la majorité des nouveaux arrivants qui sont en mesure de préparer leur départ au préalable.

« Ce ne sont pas des gens qui ont pris des cours d’hébreu et qui ont appris l’hébreu en Ukraine avant de partir », commente Benny Haddad, chef du département d’immigration au sein de l’IFCJ (International Fellowship of Christians and Jews), qui apporte son aide dans l’immigration et dans l’intégration des Juifs ukrainiens sur le territoire israélien.

« Ce ne sont pas des gens qui prévoyaient de faire l’alyah« , ajoute-t-il, utilisant le mot en hébreu qui désigne l’immigration juive en Israël. « Ils partent de zéro. »

Tandis que 2 600 nouveaux immigrants originaires d’Europe orientale vont faire leur entrée dans le système éducatif israéliens, ils seront plus du double à rester chez eux pour une variété de raisons – avec notamment le désir des parents de faire suivre à leurs enfants un enseignement à domicile ou des familles encore incertaines de l’endroit où elle vont s’établir à long terme, a fait savoir le ministère de l’Éducation.

Deganit Sankar-Langa, directrice-générale du ministère de l’Immigration et de l’Intégration, note que son bureau est en contact constant avec ces familles et qu’il tente de les convaincre d’inscrire leurs enfants dans les écoles du pays.

« Nous avons la certitude que c’est le meilleur moyen pour elles de s’intégrer », dit-elle.

Pour les nouveaux élèves d’ores et déjà inscrits, les écoles israéliennes auront pour mission de les aider à franchir l’obstacle important de la barrière de la langue et les différences culturelles. Elles devront aussi s’assurer que ces enfants qui, pour un grand nombre d’entre eux, ont été confrontés aux horreurs de la guerre et ont vécu la fuite soudaine de leur foyer et les difficultés de l’exil, recevront les soins psychiques nécessaires dont ils ont besoin et qu’ils pourront profiter des services sociaux mis à leur disposition, le tout sans les stigmatiser. Les parents qui, dans leur grande majorité, ne parlent pas l’hébreu, devront pour leur part apprendre à s’orienter dans un système éducatif différent tout en s’intégrant au mieux dans leur nouvelle vie israélienne en trouvant un travail et en apprenant à maîtriser la langue.

S’ajoutant aux complexités de la vague d’immigration en provenance d’Ukraine, la loi sur la conscription militaire qui a été mise en vigueur à Kiev et qui interdit aux hommes en âge de se battre de quitter le territoire – avec pour conséquence qu’un grand nombre de ces enfants sont arrivés au sein de l’État juif sans leur père, qu’ils ont laissé derrière eux.

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