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Haim Eric MESSIKA : Plongée au cœur des primaires du Likoud. 

Les israéliens appellent cela « sauter dans une piscine sans savoir s’il y a de l’eau dans le bassin ».

C’est à peu près ce que je ressens en me présentant aux primaires du Likoud pour concourir avec le numéro ‘150’ dans la case/mishbetset des Olim h’adashim, et ce pour la première fois de ma vie de citoyen israélien depuis mon Alya il y a 20 ans. Jamais durant ma vie en France, je ne m’étais senti légitime pour me présenter devant une quelconque représentation nationale ou municipale.

Aujourd’hui pour mon pays, j’ai décidé de faire le grand saut.

Soyons honnêtes, mes chances sont loin d’être optimales, et la présence de deux anciens députés influents de la communauté Ethiopienne, autorisés contre toute attente à se représenter dans cette case des olims, enlève tout espoir de victoire à tous les concurrents de ce département.

Pour autant, je considère que c’est un premier pas important pour comprendre les règles du jeu du premier parti politique de la droite historique, tant en volume d’adhérents (140.000) qu’en nombre de mandats potentiels selon la plupart des sondages nationaux.

Le vote pour les primaires se déroule mercredi 10 Août 2022 dans plusieurs endroits du pays. Les primaires ont pour but de constituer la liste définitive du Likoud concourant pour la 25eme Knesset qui sera élue le mardi 1er novembre prochain.

Pour ces primaires, seuls pourront voter, les adhérents possédant leurs cartes depuis plus de 18 mois, alors que pour se présenter pour la députation, il est nécessaire d’être adhérent depuis au moins trois ans.

Le processus d’élections est réellement démocratique et peut s’assimiler à ce que connaissent les Etats-Unis, où toutes proportions gardées, chaque sénateur doit se présenter personnellement et lutter pour obtenir chaque voix à travers des meetings et des rencontres à travers tout le pays faisant face quasiment à chaque électeur ou au moins chaque chef de section. La résolution de la représentation démocratique est donc extrêmement fine.

Contrairement à pratiquement tous les autres partis, où les candidats à la députation sont sélectionnés par un chef du parti, en fonction de critères ne regardant que le chef et ses conseillers, le Likoud procède de manière tout à fait différente :

Les adhérents s’organisent en petites cellules où chaque votant cochera 12 noms parmi une liste de 74 candidats, et c’est le décompte mathématique des 60,000 votants effectifs qui permet l’établissement d’une liste définitive imposant le positionnement de chaque candidat élu, outre les trois ‘shirionim’ (candidats boucliers) à la discrétion du président du mouvement.

 

Passer par les fourches caudines des primaires est un véritable travail de fonds, où seul un candidat qui travaille sur le terrain depuis des années a une chance de passer la barrière: Un processus somme toute, très démocratique.

Contrairement à ce que voudraient faire croire les partis qui pensent détenir le monopole de la culture et de l’intelligence, le Likoud est un parti intelligent où l’accession aux plus hautes marches du parti se font après un travail de fond long et besogneux. La cooptation par les adhérents n’a rien d’automatique, même pour ceux qui pourraient se considérer comme les caciques du mouvement. C’est une perpétuelle remise en question et une relation continue avec les adhérents de la base qui déterminent la place qu’occupera le candidat dans la liste… et rien d’autre.

Comme souvent chez les francophones, la plupart des candidats n’ont quasiment aucune chance de passer. La division perpétuelle de ses membres et l’individualisme forcené de chaque candidat ne sied pas vraiment à l’esprit de ces primaires.

Je ne vois que Fernand Cohen-Tenoudji, qui concourt à la place 136 (olim Hadashim) et qui s’est préparé sérieusement sur le terrain depuis plus de 6 ans, qui pourrait avoir une chance de passer face aux poids lourds drainant des dizaines de milliers de mitpakdim (adhérents).

Même s’il est mon concurrent direct pour cette place unique de 33ème sur la liste définitive, je lui souhaite toute la réussite du monde, car il est nécessaire que cette communauté francophone soit représentée à la Knesset par des députés qui en comprennent vraiment l’essence.

Seule la constitution d’une base forte de plusieurs milliers d’adhérents francophones avec une direction unie sera à même de constituer un groupe de pression suffisamment fort pour influer sur les primaires.

C’est ce que nous allons nous atteler à faire dans les mois qui viennent avec l’aide d’HaShem.

 

Haim Eric MESSIKA   COPYRIGHTS.

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