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Les récifs coralliens du golfe d’Eilat se sont révélés particulièrement résistants au réchauffement climatique, à la hausse des températures de l’eau et aux épisodes de blanchissement qui atteignent leurs congénères ailleurs dans le monde. Plus monitorés, analysés, que n’importe quel autre corail, il en ressort que ceux du golfe d’Eilat ont un ennemi plus maîtrisable, la ville d’Eilat. En effet, les résultats d’une étude à long terme menée par une équipe internationale de scientifiques de la mer et du big data, dirigée par le Dr Yaeli Rosenberg et le Pr Oren Levy, directeur du laboratoire marin de la faculté des sciences de la vie de l’Université Bar-Ilan, confirment une menace différente pour le refuge corallien dans le sud d’Israël : le développement urbain massif près de la côte du Golfe a une effet dévastateur sur l’environnement marin local.

Pendant une année entière, les chercheurs ont examiné comment l’urbanisation perturbait les biorythmes naturels, qui sont responsables du métabolisme, des cycles de croissance et de reproduction des coraux, et si l’urbanisation pouvait être un facteur de contribution négligé du déclin mondial des coraux. Deux sites dans le golfe d’Eilat, à la pointe nord de la mer Rouge, ont été échantillonnés, l’un à proximité immédiate de la ville d’Eilat et l’autre plus loin.

« La perturbation des cycles quotidiens et mensuels a entraîné une baisse des performances physiologiques et des cycles de reproduction qui ont disparu chez les coraux urbains », indique Oren Levy. En revanche, les coraux du site non urbain semblaient en bonne santé et leurs biorythmes montraient un cycle normal au cours des périodes d’échantillonnage. Compte tenu de ce que vous soulignez on a ici un seul facteur de variation la proximité ou non des activités humaines au cœur d’une grande ville.

« En apparence, les coraux semblent en bonne santé, mais en regardant plus de façon plus précise, nous avons vu de manière très concluante le fort effet de l’urbanisation », a déclaré Yaeli Rosenberg Le Pr Oren Levy, en conclut donc et son message est sans appel : « On devrait associer les scientifiques à l’évaluation de l’impact de l’urbanisation sur les milieux marins avant de finaliser les plans d’aménagement municipaux. »

Radio J

Jean-François Strouf

Crédit : Dr. Ilan Malster/ministère de la Protection de l’environnement)

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