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En Israël , les salons hightech, dont le DLD qui se tient à Tel-Aviv, sont monopolisés par des jeunes hommes startupistes. A Vivatech cela n’a pas été le cas pour cette édition 2021, car de nombreuses femmes étaient sur scène. Les israéliens le feront -ils à l’avenir? Cela n’est pas certain du tout. Selon francetvinfo.fr : « Quotas de speakers, concours de pitch, rencontres avec des femmes influentes : à VivaTech, on œuvre pour l’égalité de genre dans le milieu de la tech. Une nécessité absolue alors que seuls 3% des fonds sont levés pour des projets créés par des femmes ».

Le plus.

Clarisse Hagège, jeune Française à la tête d’un projet de startup de cybersécurité, a remporté jeudi 17 juin le premier prix du Female Founder Challenge, un concours de pitch organisé à VivaTech, le plus grand salon européen dédié à l’innovation prenant place en ce moment porte de Versailles à Paris. Si l’événement est bien connu pour ses curiosités technologiques et ses robots en tous genres, il est surtout un accélérateur de carrière pour les professionnels du secteur. Notamment pour les femmes, qui ont encore plus besoin d’un coup de pouce que leurs collègues masculins.

L’égalité des genres dans le milieu de la tech est une des thématiques phares de cette 5e édition du salon, portée à bout de bras par sa directrice générale Julie Ranty. « L’évolution vers une meilleure représentation des femmes reste encore extrêmement lente », selon elle. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : seules 10% de femmes sont à la tête de startups, et seuls 3% des fonds levés vont vers des projets portés par des femmes. Des chiffres “qu’on ne peut pas accepter”, déclare Julie Ranty.

« Un langage corporel différent »

Pour expliquer de tels écarts, plusieurs facteurs entrent en jeu. Le poids de l’éducation et des stéréotypes, tout d’abord. Les jeunes filles sont peu incitées à choisir des parcours scientifiques, de développeuses ou encore d’entrepreneuses, et les modèles de réussite manquent. Selon Cédric O, secrétaire d’État chargé de la Transition numérique présent au salon, les rôles genrés sont intégrés très tôt : “On constate un langage corporel différent chez les filles et les garçons confrontés à des cours sur la tech dès l’âge de 7 ans”.

Autre problème : chez celles qui osent se lancer, il faut se confronter aux biais des fonds d’investissement, “des milieux majoritairement masculins qui font plus difficilement confiance à des femmes”, selon Julie Ranty.

Des engagements forts en faveur des femmes

Pour pallier cette sous-représentativité, VivaTech prend des actions concrètes. Ainsi, un quota de 40% de speakers femmes a été imposé sur l’événement. Le concours du Female Founder Challenge, lui, a permis à 10 femmes de pitcher leur projet à un jury de 13 gros investisseurs. Solution de réfrigération sans électricité, stations de recharge pour les trottinettes, service d’intelligence artificielle pour les entreprises de transformation de déchets… Autant de startups qui vont bénéficier d’une belle visibilité. La gagnante, Clarisse Hagège, aura quant à elle la chance d’être coachée par deux femmes figures de l’entreprenariat : Claire Calmejane, directrice de l’innovation de Société Générale, et Emilie Sidiqian, directrice générale de Salesforce.

Autre mesure prise par le salon : créer du mentoring de femmes vers d’autres femmes à travers le programme Women and girls in tech. “Je crois beaucoup en l’entraide au sein de réseaux féminins. Il est important que les femmes qui ont réussi transmettent leur expérience, délivrent leurs bons conseils”, explique Julie Ranty. Un Equality lounge a également été mis en place, un espace où des conférences et des discussions sur la thématique des femmes dans la tech sont organisées. Au programme : l’intégration et l’égalité en entreprise, que ce soit à travers le salaire ou l’accès aux postes, mais aussi des sujets sur l’inclusivité et les problématiques LGBTQI+.

 

À "l'Equality Lounge", des conférences sont organisées autour du manque d'égalité dans la tech. (Faustine Mazereeuw)
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