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La biotech française et le groupe israélien Teva Pharmaceuticals ont annoncé jeudi soir que les essais cliniques évaluant leur traitement injectable sous-cutané contre la schizophrénie ont atteint le critère d’évaluation principal. L’action a gagné plus de 30% au plus haut de cette séance de vendredi. C’était l’un des rendez-vous les plus attendus chez MedinCell, le compte à rebours était enclenché depuis plusieurs mois déjà.
Et comme pour empêcher toute spéculation en Bourse, le titre de la biotech a été suspendu de cotation tout au long de cette journée de jeudi.

Avec une bonne nouvelle à la clé. MedinCell et le groupe Teva Pharmaceutical Industries annoncent, après Bourse, des résultats positifs pour l’essai de phase 3 visant à l’approbation d’un traitement injectable sous-cutané à libération prolongée de rispéridone pour les patients atteints de schizophrénie.
La participation à cet essai clinique était ouverte à des patients âgés de 13 à 65 ans.
Dans le cadre de cette étude, les patients traités avec l’injection sous-cutanée expérimentale de rispéridone, soit une fois par mois, soit une fois tous les deux mois, ont atteint le critère d’évaluation principal, un délai statistiquement significatif avant la rechute par rapport aux patients traités par placebo pour chaque comparaison.
D’autre part, les injections sous-cutanées de rispéridone évaluées ont respectivement montré une réduction de 80% et de 62,5% du risque de rechute par rapport au placebo.
La schizophrénie est un trouble mental chronique, progressif et fortement handicapant, qui affecte la façon des patients de penser, de se sentir et d’agir. Les patients présentent toute une série de symptômes, qui peuvent inclure des délires, des hallucinations, un discours ou un comportement désorganisé et une altération des capacités cognitives.
Selon des données fournies par MedinCell, environ 1% de la population mondiale développera une schizophrénie au cours de sa vie et 3,5 millions de personnes aux États-Unis sont actuellement diagnostiquées avec cette maladie.
Concernant la rispéridone, il s’agit d’un antipsychotique atypique bien connu et déjà largement utilisé pour le traitement de la schizophrénie et le traitement des états maniaques.
Janssen, filiale de Johnson & Johnson, contrôle ce marché avec Invega (générique de la rispéridone), devenu un blockbuster de 3,3 milliards de dollars grâce à son effet prolongé.
Celui-ci est indispensable dans la pathologie de schizophrénie, où la moitié des malades arrêtent leur traitement en cours de route. Toutefois, son administration par injection intramusculaire est lourde et douloureuse.
L’injection expérimentale de la rispéridone par MedinCell et Teva utilise une nouvelle plate-forme de distribution de polymère qui permet au produit d’être administré par voie sous-cutanée.
A libération prolongée, la formulation est injectée une fois par mois ou tous les deux mois.
« Cette formulation administrable par voie sous-cutanée ne pourra qu’être, et de loin, la version préférée pour le patient », indiquait Kare Schultz, le nouveau patron du géant israélien, lors de la présentation des résultats du troisième trimestre.
En Bourse, l’action a été réservée à la hausse dès l’ouverture. Elle a bondi plus de 30% à la reprise de cotation. Elle gagne déjà plus de 50% depuis le début de cette année 2021 et s’envole de 130% sur un an.

Source Les Echos

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