Partager :

Depuis le début du Covid-19 notre journal en ligne a progressé de manière spectaculaire. Ce sera probablement le cas pour la première partie de 2021 où des élections auront presque certainement lieu en Israël. N’étant pas financé par un parti politique, notre liberté de parole est unique dans le paysage francophone israélien.

Selon Le Monde : « Le gouvernement d’union dont s’est doté Israël voilà six mois a fait un pas vers sa propre dissolution. Benny Gantz, le principal partenaire du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, lui tournait ostensiblement le dos à la Knesset, après avoir choisi d’appuyer une motion de censure de l’opposition, qui demande la dissolution du Parlement et l’organisation d’élections législatives, les quatrièmes en deux ans. Approuvée par 61 voix contre 54, cette motion n’est qu’un coup de semonce : elle peut traîner en commission et devra passer par trois votes en assemblée plénière. Mais l’incertitude ne porte que sur le calendrier : le principe d’un retour aux urnes paraît acté.

A vrai dire, il l’était depuis la naissance de ce gouvernement, peut-être le plus divisé de l’histoire d’Israël, qui peine à aligner deux pas de concert. Sa réponse à l’épidémie de Covid-19 a été erratique. M. Gantz, ministre de la défense, comme son allié aux affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, ont paru tenus à l’écart des avancées stratégiques obtenues par M. Nétanyahou : le rapprochement avec les Emirats arabes unis et Bahreïn, puis avec leur client soudanais.

« Attaques féroces »

Cet attelage est demeuré incapable de nommer de hauts fonctionnaires, dont les postes-clés dans la police ou la justice demeurent vacants depuis plus d’un an. « Si les six derniers mois ont vu le travail du gouvernement s’épuiser jusqu’à l’impasse, de nouvelles élections au milieu d’une pandémie sont assurées de mener à une paralysie complète », déplore Yohanan Plesner, président de l’Institut d’Israël pour la démocratie.

Il avait fallu trois scrutins sans résultat net depuis mars 2019 pour que M. Gantz rejoigne le gouvernement, en mai 2020. Cet ancien chef de l’armée, novice en politique, avait été plus près que quiconque, depuis 2009, de déposer le premier ministre le plus durable de l’histoire. Epuisé par les campagnes, il avait choisi de rompre sa promesse électorale. Pour mieux la tenir plus tard, disait-il.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Israël, la défaite de Donald Trump est un revers pour Benyamin Nétanyahou

L’accord conclu par les deux hommes prévoyait que M. Gantz prenne à son tour la direction du gouvernement, en novembre 2021, pour dix-huit mois. Rares sont ceux qui y croyaient. M. Gantz paraît avoir fini par s’y résoudre : il ne sera pas premier ministre. Mais il peut entraîner M. Nétanyahou dans sa chute, en provoquant lui-même la dernière crise.

Après le vote à la Knesset, mercredi soir, les deux hommes se rejetaient la faute d’un éventuel retour aux urnes. Dopé par la perspective d’une nouvelle campagne, où il est à son meilleur, M. Nétanyahou s’est encore voulu rassembleur. Il a appelé son partenaire « à freiner la descente vers des élections, à cesser ses attaques féroces et à changer de comportement. Il n’est pas trop tard », disait-il, estimant que la lutte contre le coronavirus devait primer ».

Partager :