Révélations. Une superbe technologie israélienne utilisée en France. Créée en 2017, Tower Farm propose une solution innovante de culture en milieu fermé, ou culture indoor, sur des surfaces verticales. À l’origine de cette entreprise française, un sentiment partagé par Charles Soufir et Gérard Farache : l’agriculture sera l’enjeu du siècle.

Tower Farm : « La technologie de base a été développée par une start-up israélienne avec qui nous avons un accord de partenariat. Dans le cadre de cet accord, la société israélienne poursuit ses travaux d’optimisation des systèmes de culture (hardware) et en France nous travaillons au développement des protocoles de culture (software) ».

Selon (1) : « En effet, ils souhaitaient apporter leur contribution à un questionnement primordial pour l’avenir de la planète : comment nourrir 10 milliards d’êtres humains demain ? Leur approche permet d’envisager des productions agricoles locales et écologiques pouvant à l’avenir nourrir de grandes métropoles. Comment mettre en place un modèle économique viable pour développer l’agriculture urbaine ?

La philosophie Tower Farm : associer technologie et agriculture.

Disposant d’une expérience d’investisseurs dans les entreprises à fort potentiel de croissance du secteur informatique, ils lancent un programme de recherche, convaincus que de l’alliance du meilleur de la technique et d’une connaissance approfondie de l’agronomie, naîtra des réponses à cette problématique.

Issue de cette étude, Tower Farm propose la technologie baptisée « unité Growin », composée de quatre tours rotatives permettant notamment aux plantes d’avoir un cycle jour-nuit et ainsi de bénéficier de temps de repos pour une croissance optimale. Pour chaque plant, un protocole spécifique s’applique afin de reconstituer un environnement naturel maximisé. Il est alors possible de modifier de nombreuses variables telles que la durée d’ensoleillement, le spectre lumineux, l’apport en eau et en nutriments.

La double ambition de Tower Farm : écologie et consommation locale

L’agriculture en milieu fermé procure plusieurs avantages dont celui de s’affranchir des saisons et des contraintes climatiques. Mais elle permet aussi une récolte sans aucun pesticide, garantissant un produit « prêt à consommer » qui n’a pas besoin d’être nettoyé. Une économie hydrique de 95 % ! De plus, les plantes ne risquent pas d’absorber des polluants provenant d’autres sources (voitures, avions, etc.).

Le projet s’inscrit en complémentarité des méthodes traditionnelles en proposant une approche écologique inhérente à sa technologie. Idéale pour les secteurs urbains où les terres agricoles se font rares, la culture verticale facilite l’accès à un approvisionnement local.

L’activité de Tower Farm se divise actuellement entre deux grands pôles, les plantes médicinales et les plantes comestibles. Les premières approvisionnent l’industrie pharmaceutique et cosmétique.

Elles permettent de fournir des laboratoires en matières premières autrefois importées de contrées lointaines. En effet, 70 % des plantes médicinales transformées en France proviennent de l’étranger. Les plantes comestibles visent de nombreux usages, de la très petite à la grande production ; l’objectif premier étant de réduire la distance entre le producteur et le consommateur et de favoriser ainsi la logique de circuit court « de-la-ferme-à-la-table ».

Opérationnel depuis janvier 2019, le site d’expérimentation de Saint-Nom-La-Bretèche a porté le premier test commercial de Tower Farm. C’est donc un basilic d’Île-de-France qui a été proposé aux consommateurs en barquette de 20 g prête à l’emploi, dans le respect de la philosophie de l’entreprise. Et cela semble avoir répondu aux attentes des clients.

Si la technologie participe de la réduction de l’empreinte carbone d’une agriculture locale et urbaine, elle permet également de flexibiliser la production. En effet, le même matériel de base peut servir à la production de plantes très différentes et laisse entrevoir une réelle capacité d’adaptation rapide à la demande.

Une année décisive pour Tower Farm

En 2020, les défis restent importants pour Tower Farm afin de démontrer la maturité de sa technologie et son potentiel à répondre aux enjeux futurs de l’agriculture. Après une phase d’expérimentation, il est désormais nécessaire de passer à une autre échelle et de lancer la construction d’un site industriel. En parallèle, la recherche continue de développer de nouveaux protocoles, comme celui des fraises, un test particulièrement probant.

La crise du Covid-19 a posé la question de la résilience alimentaire, avec la fermeture des frontières, les importations ont été mises à mal. Par exemple, en France, le basilic provient essentiellement de Turquie, d’Israël ou d’Italie. Les difficultés d’approvisionnement ont ainsi été ressenties durant la période. Or, si le climat ne permet pas en France la croissance traditionnelle de cette plante aromatique utilisée en cuisine comme condiment, la culture indoor développée par Tower Farm abolit la notion de météo. Elle rend ainsi possible sa production aux portes de Paris.

Ce message a été entendu des financeurs publics ou des collectivités territoriales : France Active, Initiactive95, La Banque des Territoires, ont récemment décidé de soutenir le changement d’échelle du projet. La Région île-de-France avait déjà accompagné Tower Farm en 2019 en reconnaissant son statut de Jeune Entreprise Innovante (J.E.I.).

L’accompagnement du cabinet alterethic a ainsi servi à modéliser et à identifier les meilleurs scénarios de développement pour Tower Farm en 2020.

Parce que les choix alimentaires dépendent avant tout des consommateurs, l’entreprise lance une campagne de financement participatif d’ici la fin de l’été sur la plateforme TUDIGO, spécialiste du crowdfunding pour le développement de l’économie locale ».

(1) Auteur : Angélique RENFER, Community manager alterethic

alterethic.com

 

 

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