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Des chercheurs israéliens viennent de démontrer que l’analyse de la voix via une application permet de détecter la présence de liquide dans les poumons, un signe en lien avec l’insuffisance cardiaque. Ils proposent donc l’analyse vocale comme moyen diagnostic de l’insuffisance cardiaque et développent un dispositif d’aide au diagnostic.

Selon les premiers résultats des recherches menées par l’équipe du Pr Offer Amir, directeur de l’Institut de cardiologie au Hadassah Medical Center (Jérusalem, Israël), la voix des patients insuffisants cardiaques est de fait modifiée par l’affection.

Dans cette maladie, le cœur, la pompe vitale de notre organisme, n’est plus aussi efficace. Résultat, les poumons se retrouvent vite congestionnés par la présence d’eau, ce qui se traduit pour le patient par un essoufflement, une fatigue en cas d’efforts même minimes si l’insuffisance est évoluée. Mais la présence d’eau au niveau des poumons a une autre conséquence : elle modifie aussi le timbre de la voix. En effet le simple fait de parler est dépendant de la colonne d’air présente dans notre arbre respiratoire qui circule du bas, les poumons, vers le haut, la cavité buccale, tout en passant par les bronches, la trachée, les cordes vocales, le pharynx. D’où cette idée ingénieuse ici d’analyse vocale.

Selon le communiqué de l’European Society of cardiology, les auteurs précisent qu’ils ont demandé à une quarantaine de patients lors de leur admission aux urgences pour insuffisance cardiaque aiguë de prononcer des phrases courtes pendant deux à cinq secondes, toutes enregistrées dans un smartphone standard. Puis, juste avant leur sortie de l’hôpital, leur insuffisance cardiaque ayant en partie régressé, un second enregistrement a été réalisé.

L’analyse comparée des deux enregistrements a permis aux chercheurs de mettre en évidence des différences significativement perceptibles selon une méthodologie développée par la start-up Cordio Medical. lls ont alors poursuivi leurs travaux et ont développé une application, Cordio HearO TM (TM ou Registered) actuellement en cours de test.

Cette application est développée à destination des patients non pas déjà hospitalisés mais  pour une surveillance à leur domicile. L’objectif est en effet que chaque patient enregistre chaque jour sa voix pendant 30 secondes et que les données, transmises au médecin, soient régulièrement analysées dans le temps.

Une légère modification de différents paramètres correspondrait alors à un signe précoce de dégradation de l’insuffisance cardiaque, ce qui se traduirait par une alerte.  « Cela permettrait de revoir rapidement le patient, d’ajuster son traitement, etc. et d’éviter la phase aiguë et une nouvelle hospitalisation », a précisé le Pr Amir lors de sa présentation.

A suivre donc, pour voir si cet outil permettra à terme d’améliorer le diagnostic de cette affection dont la prévalence est très élevée. Selon la Société européenne de cardiologie, elle serait comprise entre 1 et 2 % dans les pays développés et la Fédération Française de Cardiologie estime qu’un million de personnes sont concernées dans l’Hexagone.

Source : Sciences et Avenir

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