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Israël se moque de la tisane de Madagascar, drôle de remède contre le Covid-19. Selon (1) : « Le 20 avril dernier, le président malgache, Andry Rajoelina a avalé de grandes gorgées d’une tisane dorée d’herbes médicinales devant les caméras de télévision en affirmant qu’elle protège et guérit du Covid-19.

Insensible aux doutes et aux plaisanteries, le président a annoncé que la tisane sera distribuée gratuitement par l’armée, dans les quartiers populaires et dans les écoles de la capitale. Sa composition ? Les informations autorisées évoquent seulement un mélange comportant une espèce d’armoise originaire de Chine, Artemisia annua, et plusieurs plantes endémiques de Madagascar, dont le ravintsara, de la même famille que les camphriers.

Andry Rajoelina a déclaré, sur RFI, que si son « tambavy » (« remède traditionnel », en malgache),est dénigré, c’est parce qu’il vient d’Afrique. Il critique volontiers l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et remercie Dieu d’avoir choisi son île qui ne déplore qu’un seul décès enregistré à ce jour dans ce pays de 27 millions d’habitants.

Vingt-huit jours pendant lesquels les chercheurs de l’Institut malgache de recherches appliquées (IMRA) et quelques industriels travaillent en secret avant que le président donne son feu vert pour la commercialisation.Pour seule preuve de l’efficacité du remède, il est affirmé que deux patients atteints du Covid-19 auxquels il a été prescrit sont guéris.

L’association de Mme Cornet-Vernet attend des résultats d’études cliniques, ce qui n’est pas le cas du président malgache. « On ne peut pas attendre, il faut agir vite. Dans un bateau à la dérive, on ne pose pas de questions sur les gilets de sauvetage, on les utilise ».

L’IMRA refuse maintenant de s’exprimer et une liste de contre-indications (insuffisance rénale et hépatique, hypertension artérielle, grossesse) et d’effets indésirables (céphalées, étourdissements, nausées…) nuance les affirmations initiales d’innocuité. Il est notamment apparu que le remède réagit mal à la chaleur.

Pour le président, l’enjeu est aussi économique. « L’artemisia va changer la vie des Malgaches, annonçait-il le 3 mai. Une tonne de riz rapporte 350 dollars la tonne, l’Artemisia 3 000 dollars. Nous allons cultiver et construire des usines pour produire des médicaments. Nous devons aller vite pour ne pas être dépassés. D’autres pays font des recherches, mais ils n’ont pas les stocks. » En attendant cette révolution agricole, l’exportation d’Artemisia est interdite à Madagascar ».

(1) Source : Le Monde & Israël Valley

 

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